Enfer ou géhenne?

Depuis des millénaires, les hommes se sont attachés à des fables et des superstitions pour établir des points de repères, qui légiféraient le quotidien d’une tribu ou d’une nation. À défaut de moyens pragmatiques pour l’obtention de réponses précises au sujet de leur environnement spatio-temporel, ces points de repères atténuaient l’angoisse de l’inconnu et donnaient un sens à leur vie, fabricant un système de valeurs et de croyances, sous lesquels les peuples antiques et pré-antiques ont été, selon le système de valeurs et de croyances respectives de chacune des tribus ou nations, ralliées sous une même bannière de systèmes de croyances et de concepts intégrés dans leurs linguistiques respectives.

 

Aujourd’hui, nous constatons qu’il s’agissait bien là de fausses croyances, qui se sont perpétués à travers les âges, et encore bien intégrées et promulguées par les différentes religions, s’appuyant davantage sur l’argument d’autorité que sur les faits.

 

Je vous propose alors un passage dans l’évangile de Mathieu, afin d’illustrer l’une des fausses croyances encore très populaire et répandue dans les grandes religions.

 

5.21 Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens: Tu ne tueras point; celui qui tuera mérite d’être puni par les juges.

5.22 Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! mérite d’être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! mérite d’être puni par le feu de la géhenne.

5.23 Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi,

5.24 laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande.

 

Vous remarquerez que j’ai souligné en caractère gras le mot « géhenne ». Dans les religions, on parle de la « géhenne » comme étant un lieu précis qui serait « l’enfer ». Dans une autre fausse croyance, on évoque l’enfer comme étant un endroit où les gens, n’ayant pas cru au « dieu » de la religion régionale prédominante, seront envoyés pour y subir le terrible courroux divin. Lorsque les explorateurs avaient la démangeaison d’aller le plus loin possible dans leur quête de continents, les populaces, sous l’emprise de cette fausse croyance, les exhortaient ou, plutôt, les avertissaient sévèrement qu’au bout de la mer, ils tomberaient dans les feux de l’enfer.

Or, les explorateurs ont mis fin, en partie, à cette fausse croyance, puisqu’ils ont déposé le pied dans ce qui allait devenir les Amériques. Alors, on se rabat sur le sujet en affirmant que l’enfer sera après la mort, pour tous ceux et celles qui osèrent refuser cette manipulation crasse.

 

Mais le mot « géhenne » ne fut pas cité par hasard dans le Nouveau Testament. Il s’agit d’une traduction de « Ben-Hinnom », qui était une vallée profonde au sud-ouest de Jérusalem. Les peuples qui ont précédé Israël dans ces terres, y pratiquaient des sacrifices humains, dont majoritairement des enfants, les immolant par le feu alors que les victimes étaient encore vivantes, tout comme cela était pratiqué par l’Église lorsque l’on condamnait des gens de sorcellerie au Moyen-Âge. Ben-Hinnom était un lieu d’idolâtrie à son paroxysme. Les sacrifices étaient faits au nom de divinités de ces peuples barbares.

Ainsi, Jésus affirmait par cette image, que celui qui agissait de manière répréhensible selon un contexte très précis, méritait un tel châtiment. Ce lien n’est pas non plus anodin, car dans le même texte, Jésus parle de l’offrande sur l’autel. Contrairement aux peuples qui rendaient un culte aux divinités en offrant la vie d’un enfant par le feu à leurs dieux, Jésus demande plutôt à ses contemporains de ne pas offrir de sacrifices à Dieu sans avoir préalablement fait la paix avec autrui. Autrement, leur sacrifice à Dieu est semblable à celui pratiqué par les barbares de Ben-Hinnom, et ce sacrifice passe par le feu pour qu’il n’en reste rien.

 

Un peu plus loin dans le même souffle de Jésus, il dit ceci :

Mt.5.28-29 Vous avez appris qu’il a été dit: Tu ne commettras point d’adultère.

Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur.

Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la « géhenne ».

 

Les croyants des différentes religions croiront, de manière littérale, que Jésus laisse planer une terrible menace de l’enfer. Or, il n’en est rien. Du moins, pas dans le sens qu’il est généralement compris. La géhenne, ce sera le jugement qui surviendra sur Israël 40 ans plus tard, alors que les troupes romaines investiront Jérusalem et la passeront par le feu. Ce sera ici un sacrifice humain auquel les juifs auront pris part par eux-mêmes, en niant la divinité de Christ.

Pourquoi? Parce que la notion d’adultère évoquée par Jésus nous laisse croire que Jésus dénonce les relations extraconjugales, mais ce n’est pas là le sens de son propos. Encore une fois, il faut saisir le contexte historique et les subtilités du folklore culturel hébraïque et juif.

Jésus instrumentalise l’adultère pour faire une continuité dans son analogie avec Ben-Hinnom. L’idolâtrie de Ben-Hinnom était bien connue et quiconque pratiquait une des formes de l’idolâtrie, se faisait stigmatiser par l’étiquette d’un « Ben-Hinnom ». Parfois, c’est le peuple en entier qui agissait comme des « Ben-Hinnom ».

Ici, Jésus va encore plus loin. D’abord, parce qu’il connaît les cœurs. Le fait d’obéir aux commandements de la loi mosaïque de manière exemplaire, ne suffit pas du tout à ne pas passer par le feu de la géhenne. Or, Jésus confirme que les apparences sont trompeuses et que nul ne pourra se justifier par la loi. Cette loi passer par le feu, ainsi que tous ceux et celles qui s’y sont cachés derrière pour camoufler l’état réel de leur cœur tortueux.

 

Dans ce feu, il ne restera rien. Les flammes raseront Jérusalem et ses habitants, lorsque le temps sera venu. Ce temps fut fixé, mais seul le Père céleste connaissait le jour et l’heure. Maintenant, avec rétrospection, nous savons que cette prophétie s’est réalisée en l’an 70’ de notre ère. L’adultère est intimement lié au fait d’adorer d’autres dieux. Les juifs, particulièrement les chefs religieux, se vantaient d’obéir à tous les commandements et donc, exerçaient des sacrifices à Dieu selon les préceptes de la loi mosaïque, méprisant les divinités païennes des romains et des grecs dont la Judée était infestée. Cependant, le fait de convoiter la femme de son prochain dans le secret, ne rendait pas justice à leur obéissance qu’ils affichaient par les apparences. Plus que cela, au fond de leur cœur, ils méprisaient Dieu autant, sinon davantage que ceux qu’ils accusaient d’anathèmes et d’idolâtres (en parlant des romains et des grecs).

Leur cœur trahissait ces juifs aux apparences de piété, mais ces mêmes juifs niaient le Dieu fait chair, par la personne de Jésus-Christ.

Pour cela, les juifs allaient subir la géhenne, passant par le feu roulant sur la Judée, Jérusalem, son Temple, ainsi que sur la majorité des habitants. D’où la nécessité des paroles de Jésus à l’intention des disciples, deux jours avant sa crucifixion, et qui allait être à l’intention de tous ces juifs qui ont nié le Christ :

Mt.25.41 Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges.

 

Encore une fois, les religions affirmeront que le feu éternel est l’enfer. Ce mot n’existe pas dans la Bible. Et ils diront que le Diable est une personne. Mais dans le grec, ce n’est même pas un nom propre, ce qui expose le fait que le diable n’est pas une entité. Le diable, c’est la nature déchue des contemporains de Jésus. C’est ce qui fut vaincu à la croix et qui est passé au feu, pour qu’il n’en reste rien. Les autres, ceux qui auront cru, seront dans la félicité de Dieu à jamais.

 

Maintenant, pour terminer :

Apo.21.8  Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l’étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort.

Cette seconde mort, le feu est encore utiliser pour démontrer que dans ce cas de figure, il ne restera rien. Ainsi, après avoir passé les tourments tout juste avant le jugement sur Israël, ainsi que pendant que le Temple se détruisait sous leurs yeux, ils allaient alors subir leur seconde mort : eux et leur mémoire allaient être détruit. On ne se souviendra plus d’eux, effaçant les pleurs et les souffrances de tous ceux et celles qui furent persécutés par cette génération de juifs, sur qui allait tomber le jugement final (Mt.24.34).

 

 

Patrick Galarneau

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Publié par

lafoisansreligion

À la fin de l'année 2013, c'est avec un feu de plus en plus ardent que j'ai eu à coeur d'enseigner la Bible à nouveau, mais cette fois, en priorisant le contexte historique et la pensée des différents auteurs. Ma présence sur le net n'est pas nouvelle et ce que je fais n'est pas nouveau. Toutefois, c'est en 2014 que s'est matérialisé ce projet de "La Foi Sans Religion", qui consiste en des enseignements de mise en contexte; des mises en gardes contre la religion évangélique et les sectes chrétiennes; des avertissements contre les ministères dits « prophétiques »; des dénonciations sur les œuvres mauvaises de ces manipulateurs et enfin, des encouragements sur ce site, sur facebook, sur youtube et sur les différents réseaux sociaux. Tous ces éléments pourront servir aux chrétiens prudents et même, aux non-chrétiens qui désirent comprendre un peu plus la distinction à faire entre la foi et la religion. Je travaille en collaboration avec tous ceux et celles qui œuvrent de cette manière et je félicite toutes ces personnes à travers le monde qui mettent tous leurs efforts pour avertir les gens qui ignorent les nombreuses subtilités et danger de cette mouvance, à leur manière, selon leur contexte respectif. Affermir la foi des uns et des autres, tout en les accompagnant dans leur démarche pour sortir des griffes des manipulateurs. Je suis très préoccupé par l'actualité internationale, religieuse et politique. La majorité de mes contacts sont français et africains. Il est donc normal que je sois préoccupé par la politique internationale. Vous pouvez aussi consulter ma page facebook. Je vérifie les profils avant d'accepter de nouvelles demandes d'amitiés et ce, afin d'éviter les nombreux faux profils qui pleuvent sur ce réseau. Ma chaîne youtube porte le même nom que ce site: "la foi sans religion", où vous pouvez consulter les différents sujets que j'aborde.

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