N’ayez rien de commun avec les œuvres stériles des ténèbres, mais plutôt dénoncez–les (Éph.5.11).

L’une des plus grandes responsabilités du croyant, est aussi celle qui lui causera le plus d’opposition et de mépris, même parmi les siens, ou devrais-je dire, surtout parmi les siens (nul n’est prophète en son pays, semble-t-il). Cette responsabilité exige une éthique et une moralité personnelle sans faille, car ses détracteurs, en bons opportunistes qu’ils sont, n’attendent que la moindre faiblesse de sa part pour le jeter dans la fosse aux lions du mépris et de la moquerie. Malgré que le dénonciateur soit sans reproche dans sa manière de vivre, sa moralité et son éthique, il subira l’outrage de plusieurs. Néanmoins, son travail sera récompensé par le Seigneur lui-même, car ce ministère est exempt de glorification personnelle et de louange de la part de la très grande majorité. Ce ministère, c’est celui-là même que les prophètes de l’ancienne alliance ont exercé eux-mêmes et qui ont tous connus une fin tragique, ayant été tués par les siens, vers qui ils furent envoyés pour les avertir.

Le dénonciateur sera considéré comme le faiseur de trouble, de jaloux, d’amer, et on lui attribuera une volonté de détruire l’oeuvre de Christ envers ceux qu’il dénonce avec justesse. Alors qu’il met en lumière les actions ténébreuses des loups ravisseurs, le dénonciateur est passé à tabac (au sens figuré) par beaucoup et se retrouve lui-même sur le banc des accusés, parce qu’il a osé parler. On lui sert une série répétée d’insultes et de versets sortis de leur contexte respectif, dans le but de le discréditer et de porter ombrage aux faits rapportés par le dénonciateur. De plus, ces obscurantistes religieux cherchent à tordre les faits rapportés pour semer le doute d’abord, et ensuite, affirmer la fausseté des faits rapportés par le dénonciateur. Ça ne vous rappelle pas un certain récit de la Genèse? Ces réactions de la part des fanatiques religieux sont sensée être des preuves d’amour envers le dénonciateur, comme ils tentent vainement de le souligner, mais dont le motif réel est une haine par procuration. Bien que le dénonciateur soit objectif et qu’il rapporte des faits sur lesquels il s’appuie pour en démontrer la preuve, il ne reçoit que bien peu de soutient, alors qu’au contraire, ceux et celles qui sont de véritables loups ravisseurs bénéficient d’une immunité par le type de commentaires comme celui-ci:

« C’est normal que plusieurs s’en prennent à ce oint de l’Éternel, car il est écrit dans la Bible que des gens malveillants chercheront à faire du mal aux enfants de Dieu, surtout ceux qui sont appelés de Dieu pour son service. Alors, soyons joyeux d’être méprisés à cause de la vérité ».

Ce type de commentaires relève davantage du fanatisme religieux que du gros bon sens, car ils aiment se faire passer pour martyrs, ce qui les rassure dans leurs mensonges qu’ils croient, consciemment ou non. Cet aveuglement, bien que fort possiblement involontaire, est symptomatique d’une idolâtrie dont le culte de la personne a remplacée celui qui est dû à Christ. Mon désir n’est pas de m’acharner sur un des individus qui est actuellement dénoncé pour ses mauvaises œuvres, mais je vous donne ici un exemple de cette idolâtrie et qui m’a incité à offrir, sur mon compte facebook, la palme d’or du commentaire le plus fanatique de l’année 2014:

« Lorsque Shora Kuetu se déplace d’une ville à une autre, c’est tout le royaume des cieux qui se déplace et le suit ».

Pour demeurer dans l’exemple de Shora Kuetu, l’une des réactions que j’ai observé lorsqu’on répond aux insultes par un commentaire fait avec fermeté et politesse, c’est ceci:

« Soit béni »

Comme si cela confirmait qu’ils sont bien les seuls élus choisis par Dieu, car ils entretiennent une victimisation en prenant tous les commentaires qui leur sont dirigés, comme étant un signe qu’ils sont des martyrs. En effet, le N-T dit:

Romains 12:14 « Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas ».

Il s’agit en fait d’une des formes de manipulations exercées par les adeptes de Shora Kuetu, lui-même un manipulateur notoire et c’est tout à fait exacte de faire une telle affirmation, car les adeptes ont tous les mêmes symptômes spirituelles:

– ils accusent: ils viennent vers nous avec querelle et cherchent à diviser les chrétiens sur différents sujets dont Shora Kuetu est l’initiateur

– ils méprisent: ils affirment avec agressivité leur théologie radicale et sans nuance

– ils jugent: ils ne cessent de pointer du doigt tous ceux et celles qui ne croient pas comme eux et ils le font avec agressivité. Aucune douceur n’émane de leur part. Aucune nuance, aucune sagesse dans le contenu de leurs propos ni même la forme que prennent leurs propos. Ils sont durs dans leurs paroles et dans leur coeur.

– ils condamnent: ils lancent des condamnations à tous ceux et celles qui refusent la théologie de Shora Kuetu et très souvent, ils utilisent le mot « Babylone », pour signifier que tous les chrétiens en-dehors de leur pensée kuétiste sont dans la confusion la plus totale et qu’ils sont désignés pour aller en enfer.

– ils se victimisent: ils cherchent, consciemment ou non, la confrontation en nous incitant à jouer sur le même terrain de jeu de l’argumentation formulée sur le mépris. Ainsi, si nous tombons dans le piège, ils peuvent alors se prévaloir, selon leur construction de pensée formulée par la propagande kuétiste, que le monde babylonien, dont nous serions les représentants, nous, les chrétiens qui n’adhèrent pas à la pensée kuétiste, les méprisent et les oppriment.

– ils manipulent: pour nous remercier d’avoir tomber dans le piège d’un prétendu mépris dont nous serions injustement coupables envers eux, ils nous bénissent, puisque les vrais élus de Dieu ne maudissent pas, ils bénissent les persécuteurs que nous sommes, selon eux.

Tout ceci est une mise en scène pour justifier leurs actions et celles de Shora Kuetu. Ils provoquent eux-mêmes leur propre persécution, qui n’en est pas une, ce qui les rassurent dans leur pensée kuétiste erronée.

Puis, il y a les autres, c’est-à-dire, les chrétiens passifs qui n’aiment pas la querelle et qui considèrent la dénonciation comme étant un jeu dangereux venant du Diable. Un de leur plus grands clichés est celui-ci: « Dieu va s’en charger et il va lui-même juger ceux et celles qui sont des loups ». Puis, ils rajoutent avec leur citation biblique préférée:

Mt.7.1 « Ne jugez pas, afin de ne pas être jugés ».

Ce que ces gens omettent, c’est ceci:

Jn.7. 24 « Ne jugez pas selon l’apparence : que votre jugement soit juste ! »

Si vous jugez selon les apparences, attendez-vous à être jugés aussi. Toutefois, si vous jugez des œuvres malveillantes, votre jugement est juste. Mais la vérité, c’est que ces croyants passifs instrumentalisent le verset de Mt.7.1 pour ne pas avoir à agir, dénoncer et faire face aux conséquences. Ils ne se formalisent pas de ce que ce passage veut réellement dire, préférant se cacher derrière pour justifier leur inaction. Ils préfèrent ne pas se mêler de ces choses et même, ils exhortent la majorité à être aussi inactifs qu’eux le sont, n’oubliant pas de rappeler à quel point le dénonciateur perd son précieux temps, au lieu de prêcher la bonne nouvelle. Mais que font nos croyants passifs inactifs? Rien. Ils ne prêche ni la parole ni ne lève le petit doigt pour celui qui les a justifié par le précieux sang de Christ à la croix, lui qui a souffert pour nous et pour eux. Dieu va s’en charger et il va lui-même juger ceux et celles qui sont des loups

Dans l’opposition au dénonciateur, vous avez aussi une autre catégorie de chrétiens: ceux et celles qui recherchent sans cesse les belles paroles du dictionnaire évangélique qu’on appelle « Patois de Canaan ». Ces chrétiens critiquent le dénonciateur de ne pas être édifiant. Autrement dit, ils exercent une pression sur le dénonciateur a cesser de dénoncer, car ils affectionnent eux aussi la passivité d’action, mais ils sont très actifs en paroles seulement, mais surtout des paroles qui ne trouvent aucun sens dans leur inaction. Ils aiment la belle rhétorique du Patois de Canaan, dont les paroles sont très à l’eau-de-rose et poétique, mais ils n’en comprennent pas le sens, puisqu’il n’y a pas de sens à ce langage. Pour eux, ce langage est édifiant et donne l’impression qu’ils ont atteint une grande maturité spirituelle, mais ils refusent justement le combat spirituel dans lequel nous sommes engagés malgré nous. Ils vivent leur foi dans une bulle qu’ils croient, à tort, être évangélique, mais au fond, ils s’illusionnent dans leurs conversations stériles remplies du Patois de Canaan. Ce qu’ils prennent à tort pour de l’édification, n’est rien d’autre qu’un tissus d’une foi mal affermie dans laquelle ils se sont sécurisée.

Pour terminer sur les catégories en opposition à la dénonciation, je vous présente les désillusionnés: ils ont baissé les bras et vous disent que ça ne sert à rien. Mine de rien, ils insinuent que lorsque vous aurez atteint leur maturité, vous cesserez ces dénonciations qui ne portent aucun fruit. Ils affirment au dénonciateur qu’ils ont déjà mené le même combat, mais que c’est peine perdu et inutile. Or, la Parole de Dieu nous exhorte fortement à dénoncer, démasquer, juger puis condamner les œuvres mauvaises, comme on le constate dans ce verset de Éph.5.11. Cette responsabilité revient à celui qui est né de nouveau, puis il est appelé à exercer son discernement, afin d’avertir les croyants nés de nouveau de ne pas s’associer aux œuvres des ténèbres, mais au contraire, de les dénoncer. En réalité, ces gens sont désillusionnés de la vie chrétienne et se contente de la tiédeur de leur foi et pas davantage. Ils deviennent alors des serviteurs inutiles et sans effet. En cela, ils ont raison de ne pas être actifs, ils sont même nuisible, avec une telle attitude négative.

Maintenant, pour les autres, ceux et celles qui désirent plaire au Seigneur, il ne s’agit pas d’obéir à des supposées lois chrétiennes, mais bien d’agir dans l’intérêt des autres et l’une de ces facettes de notre vie en Christ, c’est de dénoncer la supercherie et les actions mauvaises qui peuvent séduire les brebis plus vulnérables. Voici l’intégralité du passage en question:

Éph.5.6 Que personne ne vous séduise par de vains discours ; car c’est pour cela que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion.
7 N’ayez donc aucune part avec eux.
8 Autrefois, en effet, vous étiez ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière ;
9 car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité.
10 Examinez ce qui est agréable au Seigneur ;
11 et n’ayez rien de commun avec les oeuvres stériles des ténèbres, mais plutôt dénoncez–les.
12 En effet ce que (ces gens) font en secret, il est honteux même d’en parler,
13 mais tout cela une fois dénoncé apparaît à la lumière, car tout ce qui apparaît est lumière.
14 C’est pourquoi il est dit : Réveille–toi, toi qui dors, Relève–toi d’entre les morts, Et le Christ resplendira sur toi.
15 Veillez donc avec soin sur votre conduite, non comme des fous, mais comme des sages ;
16 rachetez le temps, car les jours sont mauvais.

Bien que le texte semble prétendre qu’il s’agisse des œuvres du monde, c’est-à-dire, des non-croyants, le verset 6 semble indiquer que les discoureurs sont des séducteurs qui sont parmi nous, nous incitant au péché et connaissant notre foi et notre mode de penser. Ces séducteurs doivent connaître notre manière de croire, de vivre et de penser. Pour cela, ils doivent s’être immiscer parmi nous et comprendre notre fonctionnement de pensée, afin de nous séduire, si cela leur est possible. Cette mise en garde n’est pas extérieure, mais bien intérieure. Le verset 7 nous exhorte à nous dissocier de ces séducteurs et discoureurs. Ils doivent donc être exclut de l’Église, selon la démarche de Mt.18. Tout le passage met l’accent sur la lumière que représente la vérité en Christ. Cette lumière, ce n’est pas seulement de vivre notre foi entre nous, mais aussi de mettre en lumière les actions mauvaises et les condamner. Nous avons à exercer notre discernement et à juger de la validité des œuvres, car un grand ministère peut donner une fausse impression d’être de Dieu, alors qu’il n’est pas du tout cautionné par Dieu, lorsqu’on expose les œuvres à la lumière de la vérité biblique.

Les effets de la dénonciation peuvent sembler pervers, mais le texte nous dit que les actions mauvaises, mises en lumière, ont plutôt l’effet inverse. Car bien que ce soit scandaleux à prime abord, la mise en lumière permet de faire cesser la séduction opérée sur ceux et celles qui sont réellement née de nouveau, et encore, d’amener des captifs de ces loups ravisseurs vers une réelle conversion à Christ. Bien entendu, le faux ministère exercé par le loup ravisseur ne cesse pas nécessairement, car il cherchera de nouvelles victimes à piéger, et c’est justement là la nécessité de ne pas manquer d’ardeur dans la prévention face à la séduction exercée par ces faux bergers auto-proclamés. La dénonciation ne cesse pas au moment où nous avons discerné les actions mauvaises perpétrées par ces grands discoureurs aux propos séducteurs, mais de manière continue, afin de mettre en garde les âmes vulnérables et qu’ils fuient en sens inverse.

En conclusion, la dénonciation des actions de ces faux ministres est l’une des responsabilités les plus importantes qui soient, car nous avons un souci des âmes en détresse ou vulnérable. Nous avons à prendre soins les uns les autres, puisque nous sommes l’Église de Christ. Il est donc normal et nécessaire d’avertir, de mettre en garde et de dénoncer lorsque nous avons discerné la supercherie, la tromperie et l’imposture de ces faux ministres. Bien que ce soit une tâche des plus controversées, il n’en demeure pas moins que c’est une tâche vitale et essentielle de l’Église. Il y aura de l’opposition, du mépris et de la moquerie envers ceux et celles qui dénoncent avec justesse, non par les apparences, mais bien des œuvres mauvaises. Il n’y a aucun plaisir à dénoncer. C’est avec regret que le dénonciateur le fait, car il aimerait qu’il en soit autrement, mais les évidences le poussent à dénoncer, d’abord par amour pour Dieu, puis par souci des autres, et enfin, dans le but de susciter une repentance sincère de la part des faux ministres, des loups ravisseurs et tout autres séducteurs qui cherchent à prendre dans leurs griffes des victimes potentiellement vulnérables.

Patrick Galarneau

Publicités

Shora Kuetu: mise au point importante

Shora Kuetu: mettons les choses au clair au sujet de la vidéo que j’ai produit concernant Shora Kuetu: En ce qui me concerne, il n’y a rien de personnel de ma part envers Shora Kuetu. Je ne connais pas l’homme personnellement, je ne connais que son ministère publique. Ce que je publie, je le publie aussi sur TV2Vie. Je les met au courant de ce que je fais, car il s’agit pour moi d’agir avec transparence et c’est toujours ainsi que je fonctionne.

Maintenant, en ce qui concerne le contenu de cette vidéo, je suis dans l’obligation de relever certaines irrégularités que Shora Kuetu exerce. Par exemple:
1- lorsque Shora traite cette femme comme une soeur en Christ, mais qui serait possédée de trois démons: il est impossible qu’une croyante née de nouveau puisse être à la fois de Dieu et habitée par des démons
(Mt.10.24 Les Juifs l’entourèrent, et lui dirent: Jusques à quand tiendras-tu notre esprit en suspens? Si tu es le Christ, dis-le nous franchement.
25 Jésus leur répondit: Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les oeuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi.
26 Mais vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis.
27 Mes brebis entendent ma voix; je les connais, et elles me suivent.
28 Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main.
29 Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père.
30 Moi et le Père nous sommes un;

Mt.6.24 Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon).

2- La manière dont Shora s’y prend pour délivrer cette femme n’est pas du tout représentative de la manière dont cela devrait se passer. D’abord, si vous écoutez attentivement, cette femme dans la vidéo dit qu’elle ne servira pas le Seigneur. Ce n’est certainement pas un démon qui dirait une telle chose, car c’est déjà acquis que le Démon ne sert jamais le Seigneur. Le Diable n’est pas du tout contraint à servir le Seigneur, car il n’y a aucune possibilité que le démon puisse le servir. Il faut donc que ces paroles viennent de cette femme. Elle a donc le contrôle sur ce qu’elle dit et ce qu’elle fait, ce qui est contraire au principe de possession. Elle n’est pas posséder par aucun des trois démons, car ceux-ci ne la laisseraient pas s’exprimer devant un homme qui agit pour Christ. Observez Jésus ci-bas:
(Luc.8.27 Lorsque Jésus fut descendu à terre, il vint au-devant de lui un homme de la ville, qui était possédé de plusieurs démons. Depuis longtemps il ne portait point de vêtement, et avait sa demeure non dans une maison, mais dans les sépulcres.
28 Ayant vu Jésus, il poussa un cri, se jeta à ses pieds, et dit d’une voix forte: Qu’y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut? Je t’en supplie, ne me tourmente pas.
29 Car Jésus commandait à l’esprit impur de sortir de cet homme, dont il s’était emparé depuis longtemps; on le gardait lié de chaînes et les fers aux pieds, mais il rompait les liens, et il était entraîné par le démon dans les déserts.
30 Jésus lui demanda: Quel est ton nom? Légion, répondit-il. Car plusieurs démons étaient entrés en lui.
31 Et ils priaient instamment Jésus de ne pas leur ordonner d’aller dans l’abîme.
32 Il y avait là, dans la montagne, un grand troupeau de pourceaux qui paissaient. Et les démons supplièrent Jésus de leur permettre d’entrer dans ces pourceaux. Il le leur permit.
33 Les démons sortirent de cet homme, entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau se précipita des pentes escarpées dans le lac, et se noya.
34 Ceux qui les faisaient paître, voyant ce qui était arrivé, s’enfuirent, et répandirent la nouvelle dans la ville et dans les campagnes.
35 Les gens allèrent voir ce qui était arrivé. Ils vinrent auprès de Jésus, et ils trouvèrent l’homme de qui étaient sortis les démons, assis à ses pieds, vêtu, et dans son bon sens; et ils furent saisis de frayeur.
36 Ceux qui avaient vu ce qui s’était passé leur racontèrent comment le démoniaque avait été guéri.

3- La discrétion versus le spectacle: L’objectif de la délivrance démoniaque ne concerne nul autre que la personne concernée. On ne fait pas une réunion pour démontrer que nous sommes envoyés de Dieu, pour ensuite délivrer à telle heure cette femme. Jésus a rencontré sur son chemin un possédé et non pas de manière organisée. C’est sur son chemin qu’il a croisé ce possédé, il n’a pas organisé un spectacle à telle heure avec des gens venus de partout pour exercer une prétendue délivrance devant tous, comme ce fut le cas pour Shora Kuetu et cette femme. On ne fait pas un spectacle avec une telle situation de ces pauvres gens qui sont aux prises avec des démons. Il s’agit d’une instrumentalisation pour Shora afin de se faire un capital de popularité au détriment des évangéliques. Voici un passage qui va à l’encontre de la pratique de Shora Kuetu:
(Mc.9.17 Et un homme de la foule lui répondit: Maître, j’ai amené auprès de toi mon fils, qui est possédé d’un esprit muet.
18 En quelque lieu qu’il le saisisse, il le jette par terre; l’enfant écume, grince des dents, et devient tout raide. J’ai prié tes disciples de chasser l’esprit, et ils n’ont pas pu.
19 Race incrédule, leur dit Jésus, jusques à quand serai-je avec vous? jusques à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi.
20 (9-19) On le lui amena. (9-20) Et aussitôt que l’enfant vit Jésus, l’esprit l’agita avec violence; il tomba par terre, et se roulait en écumant.
21 Jésus demanda au père: Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive? Depuis son enfance, répondit-il.
22 Et souvent l’esprit l’a jeté dans le feu et dans l’eau pour le faire périr. Mais, si tu peux quelque chose, viens à notre secours, aie compassion de nous.
23 Jésus lui dit: Si tu peux!… Tout est possible à celui qui croit.
24 Aussitôt le père de l’enfant s’écria: Je crois! viens au secours de mon incrédulité!
25 Jésus, voyant accourir la foule, menaça l’esprit impur, et lui dit: Esprit muet et sourd, je te l’ordonne, sors de cet enfant, et n’y rentre plus.
26 Et il sortit, en poussant des cris, et en l’agitant avec une grande violence. L’enfant devint comme mort, de sorte que plusieurs disaient qu’il était mort.
27 Mais Jésus, l’ayant pris par la main, le fit lever. Et il se tint debout.
28 Quand Jésus fut entré dans la maison, ses disciples lui demandèrent en particulier: Pourquoi n’avons-nous pu chasser cet esprit?
29 Il leur dit: Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière.
30 Ils partirent de là, et traversèrent la Galilée. Jésus ne voulait pas qu’on le sût.

4- Le motif exige la discrétion: Comme expliqué au point précédent, il importe d’agir avec discrétion et non d’offrir un spectacle. Lorsqu’on s’affiche publiquement pour exercer une délivrance, ce n’est pas dans l’intérêt de la personne, mais bien pour notre propre intérêt, ce qui dénote un motif égocentrique. Ainsi, ce que nous faisons devant les hommes, c’est dans le but d’être reconnu et ne peut être cautionné par Dieu. Voici un passage à ce sujet:
(1 Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus; autrement, vous n’aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux.
2 Lors donc que tu fais l’aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense.
3 Mais quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite,
4 afin que ton aumône se fasse en secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.

Dans le point 4, on voit clairement que nous n’avons pas à ameuter le monde chrétien par internet et tous les réseaux sociaux, afin de faire l’étalage de notre supposée grandeur spirituelle. Nous sommes appelés à agir dans la discrétion et non à s’offrir en spectacle, comme le font les hypocrites qui, au fond, ne font les choses que pour être vus de tous et qu’on les reconnaisse comme ils aimeraient qu’on les considère. Mais au fond, ils n’ont pas l’approbation de Christ quand ils agissent ainsi, ils se mettent au-devant de Christ et prennent eux-même les commandes de leur soi-disant ministère.

5- le motif véritable, révélé par le manque de sagesse de Shora Kuetu: il fait dire à cette femme qu’elle est possédée par trois démons, des démons pastoraux, ce qui lui permet de salir tous les pasteurs, comme le veut sa philosophie du ministère. En effet, Shora Kuetu a en horreur tous les pasteurs, les considérant comme non appelé de Dieu et même, travaillant pour le Diable. Il cherche à détourner tous les regards des adeptes, pour les tourner vers lui. Or, Shora Kuetu exige une séparation sans équivoque de la part de ses adeptes, par rapport à tous ceux et celles qui n’adhèrent pas à sa philosophie ecclésiastique et théologique. Shora Kuetu lance des condamnations à tous ceux qui ne partagent pas ses points de vue théologiques secondaires.

Conclusion: cette prétendue délivrance n’en est pas une. Il s’agit d’une instrumentalisation d’une fausse situation et ce, dans le double but de :
1- discréditer les différents mouvements chrétiens, particulièrement les évangéliques
2- se faire un capital de popularité pour nourrir son ego démesuré et surdimensionné.
Shora exprime par procuration, sa haine et son mépris des mouvances et différentes expressions de foi du monde chrétien élargie, visant particulièrement les évangéliques.

Au final, je recommande à tous et toutes de se dissocier de cet homme, car il exerce une séduction et une emprise sur les esprits vulnérables, les gens déçus du monde évangélique et se sert de cet état de vulnérabilité pour les rendre esclave de leurs propres sentiments mauvais à l’égard de tous ceux et celles qui les ont déçu ou blessé, puis que ces mêmes personnes s’attachent à la personne même de Shora, car ce dernier agit pour lui-même, au détriment de la faiblesse des uns et des autres. Il faut se méfier de tels hommes.

Pour ceux et celles qui veulent vérifier si ce que je dis est effectivement exact, je vous invite à revoir la vidéo que j’ai publié à ce sujet. Soyez attentifs:
https://www.youtube.com/watch?v=Xv0PJkBYyB0

Lettre personnelle de Paul à Philémon: l’autorité de l’amour (1ère partie)

La lettre de Paul à Philémon est très particulière, car la forme que prend cette lettre est aussi importante que son contenu. En fait, cette lettre démontre de manière claire et sans équivoque, la manière dont les relations entre croyants nés de nouveau devraient se dérouler… en principe. La requête de Paul envers Philémon s’est faite sous le couvert de l’amour et non de l’autorité dont l’apôtre aurait pu invoquer afin de contraindre Philémon à agir selon la volonté de l’apôtre, ce qui, par le fait même, serait devenu une requête par argument d’autorité et contre-productive.

Philémon, dans un contexte socio-culturel où l’esclavage était une institution de laquelle dépendait l’empire romain, pouvait aisément se prévaloir de son autorité civile pour faire condamner Onésime, traître et voleur, de surcroît, sans tenir compte de la grâce qui a été offerte à Onésime, son esclave en cavale. Toutefois, la forme que prend la requête de l’apôtre Paul a certainement eu des échos au-delà de la simple personne d’Onésime, d’abord parce que l’apôtre n’a pas invoqué son autorité apostolique, et ensuite, parce que la requête s’est faite par un appel à la grâce, grâce dont Philémon a obtenu en étant libéré des chaînes de la condamnation de Dieu en devenant enfant de Dieu. L’apôtre fait aussi la démonstration d’une grande modestie et de bienveillance, tant envers Onésime que Philémon. Il est même disposé à prendre en charge les coûts liés à un dédommagement que Onésime devrait à Philémon. L’autorité de l’amour convainc. L’autorité imposée contraint.

INERRANCE BIBLIQUE ET PERFECTION DE LA BIBLE (par: David Vincent)

http://didascale.com/inerrance-biblique-infaillibilite-bible/

INERRANCE BIBLIQUE ET PERFECTION DE LA BIBLE

Je vous propose de continuer cette série de réflexions sur l’inspiration et l’interprétation de la Bible en abordant un sujet délicat, celui de l’inerrance biblique. Dans la présentation de mon blog, j’ai eu l’occasion d’exposer mes objectifs. Devant un sujet si sensible, je me permets de les rappeler ici :

Ce blog s’adresse avant tout à des personnes (chrétiennes ou non) cherchant à mieux comprendre la Bible pour mieux connaitre Dieu. Cela suppose donc d’abandonner certains préjugés pour laisser place au texte lui-même, replacer dans son contexte. Par ailleurs, pour que la discussion puisse être profitable, il faut que les personnes qui souhaitent intervenir le fasse dans un état d’esprit positif et surtout prennent le temps de lire complètement l’article. Je me permets d’insister sur ce point, car j’ai remarqué que, d’une manière générale mais surtout sur ce sujet en particulier,un certain nombre de personnes étaient particulièrement promptes à intervenir sans prendre le temps de lire ce que j’écrivais, ce qui entrainait souvent des réponses au mieux « hors sujet », au pire agressives.

Définition des termes et du sujet

La doctrine de l’inerrance biblique, confondue avec l’infaillibilité, est actuellement considérée comme fondamentale par beaucoup d’évangéliques. Elle a notamment été réaffirmée lors de la déclaration de Chicago.

L’inerrance biblique est une doctrine qui affirme que,  la Bible étant la Parole de Dieu , celle-ci est donc, « dans les manuscrits originaux, » préservée de toute erreur, théologique bien sûr, mais aussi historique et « scientifique ». Cette position se distingue donc de la doctrine de l’infaillibilité, qui considère au contraire que la Bible n’est infaillible que sur les questions théologiques, mais que cette infaillibilité ne s’étend pas aux domaines de l’histoire et « des sciences ».

Les partisans de l’inerrance biblique seront désignés dans cet article sous le nom d’ « inerrantistes » ou « fondamentalistes », sachant qu’aucun de ces termes n’a de connotation péjorative, puisqu’historiquement ce sont les « fondamentalistes » eux-mêmes qui se sont donnés le nom de « fondamentalistes » et non leurs adversaires.

Dans cet article, j’aimerais revenir plus précisément sur trois de leurs affirmations :

  1. Les chrétiens ont toujours cru à l’inerrance biblique. Cette doctrine n’a été remise en cause que par le libéralisme théologique apparu au XIXe siècle.
  2. La remise en cause de l’inerrance biblique est une remise en cause de l’autorité de la Bible
  3. La remise en cause de l’inerrance biblique est dangereuse pour la foi

Après avoir discuté ces trois points, je terminerai en expliquant pourquoi, selon moi, il est préférable de parler d’une « Bible parfaite » ou de « perfection biblique » plutôt que d’inerrance biblique.

Doctrine historique ou invention tardive ?

Le premier argument en faveur de l’inerrance biblique est la perpétuité de cette doctrine. On entend souvent dire que les chrétiens auraient toujours cru en l’inerrance biblique, et que celle-ci n’a été remise en cause que par les théologies libérales issues des Lumières. Un tel argument a sans aucun doute un poids considérable et m’a longtemps fait réfléchir.

Au tout début, j’ai cru à cette idée puis, au cours de mes études, j’ai eu l’occasion de travailler sur la littérature chrétienne ancienne et plus particulièrement sur les commentaires bibliques. C’est en étudiant ces textes que je me suis aperçu qu’aucun de ces auteurs anciens ne croyait en l’inerrance biblique. Au contraire, ceux-ci n’avaient absolument aucune difficulté à admettre que les récits bibliques puissent contenir des erreurs historiques et ils n’hésitaient pas à corriger celles-ci.

Les Pères de l’Eglise

Les Pères de l’Eglise ne pouvaient pas adhérer à l’inerrance pour deux raisons

1)  La première c’est qu’ils utilisaient comme texte biblique de référence la Septante et non le texte hébreu. Cela peut paraître anodin, mais cela remet en cause le fondement même de l’inerrance biblique. L’inerrance biblique affirme que le texte original est sans erreur, Cependant, en traduisant la Bible de l’hébreu en grec, les auteurs de la Septante ont modifié de nombreux passages en apportant des corrections historiques ou théologiques, voire même « scientifiques ». C’est la meilleure preuve qu’eux-mêmes ne considéraient pas le texte hébreu original comme inerrant. Or, deux points importants doivent être relevés. Premièrement, les chrétiens, ou au moins les docteurs de l’Eglise, étaient au courant de ces modifications, plusieurs passages de leurs écrits l’attestent très clairement. Deuxièmement, ils ont accepté de prendre ce texte modifié comme texte de référence. L’argument avancé pour justifier cette décision, et qui en tant qu’évangéliques devrait nous faire réfléchir, est la fidélité aux apôtres qui avaient déjà pris le texte de la Septante comme texte de référence.(1)

2) La deuxième raison qui empêche les Pères de l’Eglise d’adhérer à l’inerrance biblique est leur théorie de l’inspiration, essentiellement issue d’Origène, qui distinguait différents sens de l’Ecriture (2). Pour appuyer le fait que les Pères de l’Eglise croyaient en l’inerrance, on extraie souvent quelques citations hors contexte où les Pères semblent affirmer que la Bible est sans erreur. Mais en examinant le contexte de ces citations, on s’aperçoit que les Pères de l’Eglise affirmaient que la Bible était infaillible non dans son sens littéral, mais dans son sens allégorique. Et bien loin de nier les erreurs qui pouvaient exister dans le sens littéral, ils y voyaient au contraire une preuve de l’existence et de la primauté du sens allégorique ! Ainsi les Pères distinguaient l’infaillibilité de la Bible et l’inerrance biblique. La Bible était infaillible dans le sens où elle était un fondement sûr de la foi, à condition de la lire avec l’Esprit. En revanche, cette infaillibilité ne s’étendait pas aux données historiques ou « scientifiques ».

Et les Réformateurs ?

Que pensaient les Réformateurs de tout cela ? Pendant longtemps, même après avoir découvert la position des Pères de l’Eglise, je pensais que l’inerrance biblique était apparue au cours du Moyen Age et qu’elle avait été adoptée par l’Eglise catholique (jusqu’à Vatican II) (4) et j’étais prêt à concéder aux inerrantistes que les Réformateurs avaient repris cette doctrine et étaient donc de leur côté.

Cependant, un certain nombre de lectures récentes m’amènent de plus en plus à douter de cette position. Si je pense toujours que l’inerrance biblique s’est bien développée durant la période scolastique médiévale, j’ai de plus en plus de doutes concernant sa reprise par les Réformateurs, au moins certains d’entre eux. Après avoir commencé à étudier les écrits de certains Réformateurs, notamment Martin Luther, Jean Calvin et Théodore de Bèze, je ne pense plus qu’ils adhéraient à l’inerrance biblique. Au contraire, leur position me semble beaucoup plus proche de la mienne. Toutefois, je préfère attendre d’avoir lu complètement leurs œuvres avant de publier des articles sur cette question. (5)

L’autorité de la Bible dans la vie du croyant

Le deuxième argument consiste à dire que la remise en cause de l’inerrance biblique entrainerait une remise en cause de l’autorité de la Bible, ce qui conduirait notamment à une attitude de désobéissance envers Dieu.

Je pense de mon côté que ces deux choses sont tout à fait séparées et que le vrai problème de l’obéissance ne se situe pas là. Je traiterai aussi cette affirmation en deux points.

Fondamentalisme et obéissance

Tout d’abord, la première chose à souligner, c’est que l’adhésion à l’inerrance biblique n’implique pas nécessairement une vie d’obéissance à Dieu, bien au contraire. Un simple coup d’œil sur l’histoire nous montre que beaucoup de chrétiens fondamentalistes ont eu un comportement absolument contraire à l’Evangile et se sont servis de la Bible pour le justifier.

Un exemple tout simple : la convention Baptiste du Sud (6). Les Baptistes du Sud sont aujourd’hui la plus grande dénomination protestante américaine, mais beaucoup de gens oublient ses débuts et le pourquoi de sa création. A l’origine, cette convention avait été créée par les pasteurs baptistes qui refusaient l’abolition de l’esclavage et l’égalité entre les Blancs et les Noirs. Pendant la guerre de sécession, tous ces pasteurs baptistes se sont unanimement rangés derrière l’armée esclavagiste du Sud et ont présenté cette guerre comme une « guerre sainte », n’hésitant pas à écrire des livres pour défendre bibliquementl’esclavage et l’inégalité des races.

Plus récemment, on peut rappeler que le Ku Klux Klan, dans sa deuxième version, était majoritairement composé de WASP (White Anglo-Saxon Protestant). Il y avait bien sur des « protestants de tradition », mais aussi de nombreux protestants convaincus qui croyaient réellement en Dieu, en la Bible, … et en son inerrance. Cela ne les empêchait pas de se livrer à tous leurs crimes. Enfin terminons en signalant qu’aujourd’hui, le Klu Klux Klan, qui n’est heureusement plus qu’un groupuscule minoritaire, est encore dirigé par un pasteur fondamentaliste.

Fondamentalisme et violence

Sans tomber dans ces extrêmes, j’ai aussi pu constater que cette croyance rend très facilement agressif, en particulier lors des débats doctrinaux. L’explication de cette attitude est assez simple. En assimilant la Parole de Dieu à la Bible, puis la Bible à leur propre interprétation de la Bible, ils en viennent finalement à élever, sans s’en rendre compte, leur propre interprétation de la Bible au rang de Parole de Dieu. De fait, ne pas être d’accord avec eux, c’est ne pas être d’accord avec Dieu.

Ainsi des questions qui peuvent paraître assez anodines ou concerner des sujets compliqués, qui demandent beaucoup de prudence, peuvent très vite dégénérer en véritable pugilat.

Bien évidemment, en disant cela, je ne veux pas généraliser. Il y a aussi, et heureusement, des personnes qui peuvent croire à l’inerrance biblique et manifester véritablement l’Evangile et les fruits de l’Esprit (douceur, tempérance, etc.) dans leur comportement. Ce que je veux souligner, c’est que ces deux points, l’inerrance biblique et une réelle vie chrétienne, ne sont pas liés et croire en l’inerrance biblique ne garantit absolument pas de mener une vie conforme à l’Evangile. L’obéissance à Dieu est avant tout une attitude de cœur. Celui qui ne veut pas obéir trouvera toujours une raison pour ne pas le faire.

L’inerrance biblique et la foi chrétienne

La dernière question concerne le rapport entre l’inerrance biblique et la foi chrétienne. Je suis bien conscient que l’adhésion à l’inerrance biblique est liée à une volonté sincère d’être fidèle à l’enseignement de Jésus et qu’en défendant l’inerrance biblique, les inerrantistes ont la réelle conviction de défendre la Bible. Toutefois, je pense aussi qu’on peut être sincère, mais sincèrement dans l’erreur et qu’en réalité la doctrine de l’inerrance est dangereuse pour le christianisme.

Une telle affirmation peut paraître extrême. Même sans y adhérer on peut se demander en quoi l’inerrance peut-elle être dangereuse ? A mon sens, elle est dangereuse tout simplement parce que si cette croyance se révèle fausse, elle peut être une cause de chute, car elle met le chrétien devant une fausse alternative.

Assez récemment, j’ai eu l’occasion d’étudier la « crise moderniste » durant laquelle l’inerrance a été discutée au sein de l’Eglise catholique. Ce qui m’a particulièrement frappé, ce sont les causes qui ont amené un certain nombre de catholiques, comme Ernest Renan ou Alfred de Loisy, à perdre la foi. Ils n’ont pas perdu la foi parce qu’ils ont constaté certaines erreurs dans la Bible. Ils ont perdu la foi parce que l’Eglise, sans répondre à leurs remarques, se contentait de répéter que cela n’était pas possible. Sans examiner sérieusement les objections soulevées, l’Eglise campait sur une position intransigeante qui était tout simplement indéfendable lorsqu’on étudiait les textes avec soin. La seule réponse possible étant la « politique d’autruche «  : se cacher la tête pour éviter de voir les problèmes.

Autruche

Or ce même problème se retrouve aujourd’hui dans certaines franges du monde évangélique. Ainsi, il n’y a pas si longtemps, j’ai pu lire mot pour mot ceci sur un site évangélique :

  1. Soit la Bible est infaillible dans tous les domaines
  2. Soit elle n’a aucune valeur

En réduisant le choix à ces deux alternatives, les défenseurs de l’inerrance causent de grands dommages, car si la personne s’aperçoit que la proposition 1) est fausse, alors elle basculera  dans l’opinion 2)

Ce « faux choix » est d’autant plus problématique que les inerrantistes évangéliques reproduisent exactement les mêmes erreurs que l’Eglise catholique au moment de la crise moderniste. Ils affirment haut et fort que la Bible est inerrante et pour appuyer cela, outre quelques versets sortis de leurs contextes, inventent des fausses contradictions qu’ils résolvent (« technique de l’homme de paille »), mais refusent toujours de s’attaquer aux « vrais problèmes ». Lorsqu’on leur propose de discuter de ces vrais problèmes, la réponse est toujours la même : « je n’ai pas le temps ». Une telle attitude est tout simplement désastreuse sur le long terme, et illustre parfaitement ce que les sociologues appellent le « paradoxe des conséquences ».

En sociologie, on parle de « paradoxe des conséquences », lorsque notre action aboutit au contraire de notre intention. L’intention des inerrantistes est de valoriser la Bible pour défendre son autorité. Mais en soutenant une position insoutenable, ils aboutissent au résultat contraire. En réalité, je pense que le fondamentalisme est le meilleur allié du libéralisme qu’il prétend combattre.

Inerrance biblique et rabbinisme

Un deuxième danger de l’inerrance est que cette doctrine pousse à déformer le sens du texte biblique. Pour résoudre les « contradictions apparentes », on en vient à inventer toutes sortes de théories totalement aberrantes qui permettent de concilier ces « contradictions apparentes ».

Les rabbins avaient déjà su faire preuve d’une grande imagination. Un exemple qui m’a toujours fait sourire est le cas de l’adultère de David avec Bethsabée. Le texte biblique affirme très clairement que David a commis un adultère avec Bethsabée. Mais en même temps, l’auteur du Psaume 51, que la tradition considère comme la prière de repentance de David après son adultère, affirme, s’adressant à Dieu : « J’ai péché contre toi seul, et j’ai fait ce qui est mal à tes yeux, en sorte que tu seras juste dans ta sentence, sans reproche dans ton jugement. »

Affirmation étonnante de la part de quelqu’un qui vient de commettre un adultère et de faire assassiner le mari ! Le minimum serait quand même de reconnaître dans ce cas qu’il a péché contre Dieu, mais aussi contre ce pauvre Urie. Pour résoudre ce problème, les rabbins ont donc inventé une théorie très ingénieuse pour expliquer qu’en réalité David n’a jamais commis d’adultère avec Bethsabée, même si le texte biblique prétend explicitement le contraire.

Ce cas peut paraître caricatural, mais les fondamentalistes évangéliques savent faire aussi bien. Du côté évangélique, une belle illustration de ce genre de pratiques nous est fournie par les théories concernant les récits de la résurrection. Au lieu de reconnaître honnêtement que les récits des différents évangiles présentent entre eux des divergences, on en vient à élaborer des théories complètement farfelues pour tenter de les concilier. Ce genre d’élucubrations, qui ne convaincra que les convaincus, tend plus à décrédibiliser le christianisme qu’autre chose. Par ailleurs, en prenant l’habitude de déformer les passages historiques pour gommer les divergences, on risque très vite, sans s’en rendre compte, de se mettre à faire la même chose pour les textes doctrinaux.

La perfection de la Bible

Cela veut-il dire que la Bible n’est pas parfaite ? Au contraire, j’affirme haut et fort le contraire. La Bible est parfaite, car la manière dont elle est conçue lui permet de remplir idéalement le rôle pour lequel elle a été conçue. Je résumerai cela en deux points

  1. La Bible est suffisamment fiable pour qu’on puisse croire à son témoignage (Luc 24 : 27)
  2. Mais la Bible n’est pas inerrante pour ne pas faire d’ombre à la personne dont elle rend témoignage, et qui est la seule véritable « Parole de Dieu » (Jean1 : 1)

La fiabilité de la Bible

D’une part la Bible est suffisamment fiable pour rendre témoignage de la personne de Jésus de Nazareth. Ce point sera développé plus en détail dans une prochaine série, j’évoquerai donc simplement deux idées :

-Une fiabilité de la transmission : Les textes de la Bible sont les mieux transmis, et sans comparaison aucune, de l’Antiquité. Cela est particulièrement vrai pour le Nouveau Testament, les nombreuses traductions, copies et citations, font que grâce à nos méthodes de critique textuelle, nous pouvons connaître avec certitude le texte original. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas des divergences, mais ces dernières sont parfaitement repérables dans le texte et, la plupart du temps, n’ont de toute façon aucune incidence sur le sens du texte.

-Une fiabilité du contenu: Le contenu est aussi fiable d’un point de vue historique. De nombreux indices internes, mais aussi des preuves externes (découvertes archéologiques, récits d’historiens païens, etc.) viennent confirmer l’historicité des récits bibliques.

 La Parole de Dieu : Jésus de Nazareth (7)

Cependant, elle n’est pas infaillible car elle n’a pas vocation à remplacer la Parole de Dieu faite chair : Jésus. En effet, contrairement à d’autres religions, le christianisme ne conçoit pas la Parole de Dieu comme un Livre mais comme un Homme. Les Ecritures rendent témoignage de la Parole de Dieu, mais ne sont pas un synonyme de « Parole de Dieu ».

Lorsque Jésus s’apprêtait à quitter ses disciples il leur a promis de leur envoyer l’Esprit. Le danger de l’inerrance biblique est de remplacer l’Esprit par la Bible. Cette doctrine a explicitement été formulée dans ce qu’on appelle le « cessationisme » : les dons de l’Esprit, dont parle l’apôtre Paul, n’étaient valables que pour la génération apostolique, en attendant justement que la Bible soit achevée. L’achèvement de la Bible a rendu obsolète ces dons. Ainsi, la Bible a remplacé les manifestations de l’Esprit. (8)

Inerrance biblique et orgueil

Enfin, je pense que la non-inerrance est aussi là pour nous préserver de l’orgueil. J’ai particulièrement été frappé de voir comment dans certains débats,notamment sur la théorie de l’évolution, cette doctrine pouvait rendre les chrétiens orgueilleux. Parce qu’ils sont persuadés de détenir la vérité, les chrétiens ne se soucient même pas de l’avis des différents spécialistes mais se pensent habilités à se prononcer sur toutes les questions, y compris (surtout ?) celles qu’ils ne maitrisent pas. Or, il me semble que cette attitude est fondamentalement contraire au principe « de l’esprit corporatif » véhiculé par l’Evangile. Cependant, cette question mériterait d’être davantage creusée et j’espère l’approfondir dans les semaines ou les mois à venir, afin de partager mes réflexions avec vous.

Conclusion

Les problèmes de l’inerrance

Pour résumer brièvement, je pense que la doctrine de l’inerrance comporte deux faiblesses majeures.

a) La première c’est qu’elle est basée sur un présupposé anachronique, au moins pour l’Ancien Testament, En effet, la doctrine de l’inerrance biblique affirme que les textes bibliques sont inerrants dans leurs manuscrits originaux. Cela suppose donc l’existence d’un manuscrit original pour chaque livre qui aurait été ensuite continuellement copié sans changement par les différents scribes. Si une telle idée peut être acceptée pour le Nouveau Testament, elle  n’a aucun sens pour les périodes précédentes comme je l’ai expliqué dans un article précédent.

b) Par ailleurs, la doctrine de l’inerrance n’est défendable qu’en restant dans le domaine de la spéculation. Mais dès lors qu’on aborde les problèmes concrets et qu’on en vient à des passages précis, les inerrantistes désertent massivement la discussion et laissent les questions sans réponse. Ce refus de traiter les problèmes est une position insoutenable sur le long terme.

Les conséquences de l’inerrance biblique

L’adhésion à l’inerrance biblique peut entrainer deux problèmes principaux :

a) Un mauvais fondement de la foi qui peut conduire à la perte de celle-ci. En remplaçant Christ par la Bible et en pensant que l’inerrance biblique est indispensable au christianisme, le chrétien se place en grand danger puisque la découverte d’éléments invalidant l’inerrance biblique peut alors très vite le conduire à la perte de la foi chrétienne. En revanche, une foi fondée directement sur Christ ne peut pas être ébranlée.

b) L’orgueil et la violence. Tous les inerrantistes, et heureusement (!), ne sont pas orgueilleux et violents, mais un survol historique et mon expérience personnelle m’ont montré que cette doctrine était très favorable au développement de ces deux sentiments pour les raisons que j’ai explicitées un peu plus haut.

Le chrétien face à la Bible

Enfin, en conclusion, je dirai que face à la Bible, chaque personne peut avoir deux attitudes :

  1. L’aborder avec des préjugés et tordre les textes pour les adapter à nos préjugés. Ces préjugés peuvent être aussi bien des préjugésfondamentalistes (la Bible ne peut pas faire d’erreurs historiques) quelibéraux (les miracles sont impossibles)
  2. Aborder le texte tel qu’il se présente à nous et essayer de comprendre pourquoi Dieu l’a voulu ainsi.

C’est cette deuxième option que j’ai choisie. Je termine donc en disant que je n’adhère pas à l’inerrance biblique, non parce que celle-ci aurait été impossible, non parce que je doute des miracles, mais parce qu’une étude approfondie des textes contredit cette position et que s’il en est ainsi, ce n’est pas que Dieu a mal fait les choses, mais simplement qu’Il n’a pas voulu que la Bible soit inerrante. Libre à nous de l’accepter ou de le refuser.

Note

(1) Pour plus de détails sur cette question, voir ma série d’articles sur la Septante :Sommaire des études sur la Septante, où j’illustre mes différentes affirmations par des passages très précis. Pour un exemple précis de modification textuelle reprise par les auteurs du Nouveau Testament, on peut signaler la citation d’Amos 9 dans le discours de Jacques. 

(2) Voir mon article sur les trois sens des Ecritures qui s’inspire de cette théorie, sans la reprendre totalemen

(3) Article à venir

(4) Au sein de l’Eglise catholique, la doctrine de l’inerrance a commencé à être remise en cause lors de la « crise moderniste », avec notamment les travaux de l’Ecole Biblique de Jérusalem. Elle a été définitivement abandonnée par les autorités ecclésiastiques après le concile Vatican II et le dernier catéchisme publié par le Vatican, le Youcat, approuvé par Benoît XVI, affirme expressément la non-inerrance de la Bible.

(5) J’espère avoir l’occasion dans les années à venir de rédiger un mémoire sur cette question. Si c’est le cas, je publierais les résultats de mes travaux sur ce blog

(6) Sur ce sujet, on peut consulter le livre de Sébastien Fath, Militants de la Bible aux Etats-Unis (2004), qui offre une première introduction et contient une bibliographie intéressante pour ceux qui veulent approfondir la question. Il a fallu attendre 1995 pour que la Convention se repente officiellement de son passé ségrégationniste.

(7) Voir mon article précédent : Religion du Livre et Parole de Dieu

(8) Une série d’articles sera consacrée à ce sujet

About David Vincent
Chrétien. Etudiant en histoire & sciences religieuses. Blogueur : didascale.com

Philosophie inexistentialiste, l’anti-humour et le fatalisme (si vous aimez ne pas rire)

Jean-Paul Sartre, cet ennuyeux philosophe humaniste-existentialiste, se plaint encore sur l’épaule de celui qu’il croit naïvement être son ami et confident, l’ineffable inexistentialiste aux propos fatalistes et sans équivoque:

– J-P Sartre: « Mon bon ami, le monde ne se rend pas compte de tout le mal qui se fomente depuis la nuit des temps. Il est plus que temps que le monde s’ouvre les yeux

– inexistentialiste: « je ne vois pas pourquoi l’imbécile heureux augmenterait sa peine. Il est préférable de se fermer les yeux que de s’ouvrir les veines »…

Jean-Paul Sartre, cet humaniste-existentialiste et braillard notoire, célèbre le mariage, de celui qu’il considère naïvement comme un frère, l’imperturbable inexistentialiste, cet inconnu, sauf de Dieu. L’inexistentialiste, en ce jour unique dans la vie d’un homme, fait la preuve de tout son romantisme lors de l’échange des voeux:

– J-P Sartre: « mon cher ami, acceptez-vous de prendre pour épouse, cette femme imaginaire et ce, jusqu’à ce que la mort vous sépare »?

– l’inexistentialiste: C’est que, voici, mes chers convives, je dois vous instruire à ce sujet, car la mort n’existe pas, qu’elle n’est que le résultat d’une absence de vie. La mort n’a pas d’entité et n’a donc pas le pouvoir de séparer qui que ce soit. Ainsi, il est donc impossible que ce soit la mort qui nous sépare, faute d’existence.