Je réitère: la prophétie n’existe plus!

Je ne mâcherai pas mes mots, et je n’ai rien à faire de la bonne morale dite « chrétienne » des abrutis qui, malheureusement, entachent la réputation de chrétiens nobles, matures et sans histoire.

 

Je vous propose le texte d’un de ces abrutis, un enragé qui ne le prend pas du tout! Non, il ne le prend pas mais pas du tout! J’évoque la fin de la prophétie lorsque Christ a tout accompli par la destruction du Temple et de la Judée. La prophétie fut pour un temps de transition, tout comme le ministère pastoral qui, soit dit en passant, est une pratique du judaïsme, reprise pour cette courte période transitoire, afin d’atteindre les juifs hors-Israël pendant cette vaste campagne d’évangélisation des disciples avant que Dieu entre en jugement envers son peuple.

 

Le texte que je vais vous soumettre dans cet article, s’inscrit dans le nombre incommensurable de textes nauséabonds de prétendus chrétiens qui me les envoient via la messagerie privée de Facebook ou encore, par courriel, Youtube et ainsi de suite. Mais ce texte a ceci de particulier: se donner une autorité pour justifier sa folie religieuse! Alors voici (je corrige la syntaxe et les fautes d’orthographes. Le texte a donc subit des retouches) :

« En traitant les autres de crétins, ce n’est sûrement pas l’amour de Dieu qui te motive (Mt.5.22). Repends-toi, tu t’enfonces! Tu dénonces les mensonges et tu répands aussi des mensonges. Tu ne crois pas aux prophètes? Je vais te prouver le contraire »!

 

L’abruti de service y va donc de ses prophéties à mon endroit. Mais ce qu’il y a de remarquable, c’est que notre délirant religieux parle comme si c’était Dieu qui parlait à sa place. Voyez :

« Je prophétise sur toi que tu vas devenir muet, afin que tu arrêtes de diviser par le mensonge, et que tu saches que j’ai encore des prophètes. Humilie-toi. Je vais tout t’enlever si tu ne te repends pas ».

Maintenant, pour tenter de me faire peur en me laissant languir et mariner, le délirant religieux me laisse dans l’attente de la réalisation prophétique par ce propos de sa part:

« Tu vas encore parler, mais ça va cesser »

 

Il poursuit dans son délire par procuration. Autrement dit, il passe sa vengeance, ses frustrations et ses désirs haineux à mon endroit sur le dos de Dieu, qu’il fait parler :

« Je vais couper ta langue pour que tu saches te taire. Écoute maintenant, toi qui divises, tu es enflé d’orgueil. Je vais te taire maintenant ».

 

Et notre crétin du jour termine par cette formulation autoritaire et sans appel:

« J’ai prophétisé »

 

La religion est une manière de devenir soudainement fort et impitoyable, certainement une manifestation d’une très faible estime de soi et d’un manque de confiance en soi. Plus que cela : je suis persuadé que ces délirants, qui foisonnent dans le christianisme et toutes autres religions, voient dans la religion un moyen palliatif pour rehausser leur valeur individuelle, car ils ont été humilié dans leur vie. Il s’agit d’un mécanisme de défense pour survivre socialement et conserver un certain semblant d’équilibre de vie.

Ces individus deviennent des manipulateurs de la pire espèce. Des gens normaux n’ont pas ce type de propos, attitudes et comportements.

 

Et je termine en affirmant et en réitérant que la prophétie a cessé, ainsi que tous les autres ministères.

 

 

Patrick Galarneau

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Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul.

Ce verset fait saliver beaucoup de prétendus eschatologues, car imaginez un seul instant si l’un d’entre eux savaient le jour, la date et l’heure de toutes ces choses, de sa seconde venue et de l’enlèvement tant espéré par des millions de chrétiens à qui l’ont a donné un second espoir, après le salut en Jésus-Christ bien entendu.

Imaginons un seul instant si l’un d’entre les milliers d’eschatologues amateurs et aguéris parvenait à savoir le moment exact. Certains parmi eux en ont fait leur ministère, leur gagne-pain, publiant des vidéos, des livres, des DVD, cd’s, font des conférences en invitant le plus de chrétiens dont la curiosité est soit morbide soit maladive.

Chez les dispensationnalistes, il y a 4 grands courants de pensées observés sur le net actuellement:

  • les eschatologues ministériels prétribulationnistes
  • les eschatologues ministériels post-tribulationnistes
  • les dispensationnalistes qui dénoncent les deux premiers
  • les dispensationnalistes qui suivent religieusement l’un ou l’autre

Je ne m’attarderai pas à la définition des termes, mais dans le cas des deux premiers, ils ont fait de l’eschatologie leurs choux gras en terme ministériel. Ce sont, pour la grande majorité, des alarmistes qui épient chaque fait divers de l’actualité internationale pour tenter de faire coller des passages bibliques à ce qu’ils observent aux nouvelles internationales. Et pas si étrangement que ça, ce sont souvent des personnes aux égos surdimensionnés, parfois même des personnalités narcissiques. Ils n’hésiteront pas à mentir sur des questions épineuses et à inventer des réponses. Dans la très grande majorité des cas, ils vont bâtir leur théorie de manière compliquée afin de perdre l’esprit critique dans un labyrinthe de données mathématiques, prophétiques et de judaïsme qu’eux seuls peuvent déchiffrer.

Il y a, dans leur processus d’élaboration théorique, une nette manipulation psychologique afin de s’attirer les éloges d’esprits faibles qui les suivront sans vergogne, défendant l’indéfendable de leur gourou tout aussi sans scrupule que leurs adeptes. S’il y a des pasteurs-gourous dans des assemblées où ils agissent en roitelets, il y a maintenant, grâce aux réseaux sociaux, de nouveaux gourous des temps modernes. Et vous serez à même de le constater, ces énergumènes sont tous assidus pour l’eschatologie et la fin des temps. C’est bien plus valorisant de prédire l’avenir que d’analyser les textes anciens au passé. C’est plus séduisant que de faire l’exégèse des textes dans leur juste contexte. C’est plus « tendance » que le conservatisme de la saine doctrine.

 

Que dire de cette fausse croyance dispensationnaliste, qui est une foi de remplacement? En effet, si Christ a tout accompli, que leur reste-t-il pour eux? Ces chrétiens en manque de vitalité spirituelle soupirent après quelque chose qui demeure à venir, car l’espoir, aussi mince soit-il aussi illusoire peut-il être, offre un second souffle à une vie chrétienne un peu terne et sans vitalité. C’est un peu comme se procurer un billet de lotto pour ensuite rêvasser à la suite des choses si l’on remporte le gros lot. Ces chrétiens sont davantage dans un monde d’illusions que dans la réalité. En fait, ils fuient la réalité de la vie dans la religion, comme une béquille sur laquelle se tenir en équilibre.

Il s’agit davantage d’un désir que d’une vérité scripturaire. Et lorsque vous touchez à cette fausse doctrine, les dispensationnalistes mordent, crient de manière véhémente, vocifèrent, sont vindicatifs. La raison est fort simple: ils veulent rêver à leur sujet d’espérance, comme celui ou celle qui consulte sa tireuse de carte ou son horoscope, puis voit des signes partout pour les faire concorder avec ce qui lui a été prédit. Il n’y a pas une once de vérité dans tout cela, mais le croyant VEUT y croire et surtout, il ne VEUT PAS savoir si c’est un mensonge. Comme un casse-tête dont les morceaux sont confondus avec ceux d’un autre casse-tête, il fera des passages bibliques et de l’actualité internationale des morceaux qui ne vont pas ensemble, mais il forcera l’union des morceaux, quitte à briser l’un d’eux pour les faire concorder, au lieu de prendre le temps de vérifier chacun des morceaux et les remettre avec le bon casse-tête.

 

La vérité est que, personne ne saura la date à venir, car elle est passée. Mais ce n’est pas séduisant quand les prophéties sont au passé. Elles détruisent le faux espoir. Elles enlèvent l’illusion et remettent la réalité en pleine figure de ces croyants rêveurs et utopiques. Et le fardeau de la preuve appartient toujours à ceux qui sont minoritaires, jamais à ceux et celles qui adhèrent au gros mensonge qui fait consensus parmi eux. La vérité est que, personne parmi eux ne vérifie si ce qu’on leur dit de séduisant est exacte, mais ils suspectent agressivement celui qui ne les bercera pas d’illusions. C’est d’ailleurs ainsi que les prophètes sont morts. Les faux prophètes disaient ce que les rois et les gens voulaient entendre, mais ont tuait ou faisait mettre à mort les prophètes qui annonçaient des avertissements du Seigneur, car ces prophéties ne les berçaient pas dans les illusions, mais leur présentaient une réalité que personne ne désirait voir. Les politiciens font la même chose avec le bon petit peuple. Personne ne va élire celui qui vous promet l’austérité et la hausse des impôt lorsque ces réformes s’avèrent la bouée de sauvetage nécessaire de l’état. Les gens vont élire celui qui va leur promettre de l’illusion. Croyez-vous que les chrétiens en sont exemptés?

 

Quand bien même ils enroberaient leurs illusions de patois de Canaan et d’angélisme à l’eau-de-rose, un mensonge demeurera un mensonge, même si on le présente pour qu’il ait l’air vrai.

 

 

Dans le prochain article, je traiterai de ce verset… dans son contexte 😉

 

 

Patrick Galarneau

La Bible n’est pas écrite pour nous!… mais…

Ce titre en fera rager plusieurs. Néanmoins, c’est une vérité implacable que personne ne peut contester, et voici pourquoi:

 

GENTILÉ

Avez-vous remarqué le nom des livres qui composent toute la Bible? Inutile de reprendre chacun des noms en y allant de la Genèse à l’Apocalypse, mais si vous prenez chaque livre du Nouveau Testament, vous remarquerez que chacun d’eux est adressé à une personne ou un groupe d’individus. Que ce soit à Philémon ou aux croyant se réunissant dans la cité d’Éphèse, il y a un auteur qui s’adresse à des contemporains. Une lettre personnelle demeure une lettre personnelle. L’Église de l’antiquité a cru bon compiler ces ouvrages, mais les lettres personnelles, dans un seul livre, un livre qui témoignage des accomplissements de Dieu fait chair, ainsi que des actions des chrétiens avant la chute de Jérusalem.

Les évangiles, quant à eux, portent les noms de ses auteurs, car ceux-ci témoignent de ce qu’ils ont vu, entendu, et accomplis. Ce sont des « rapporteurs d’événements ». Dans l’ancienne alliance, nous retrouvons des noms de livres qui se rapportent à des événements importants, comme l’Exode, ou pour expliquer les origines du péché, du choix de Dieu, ou de sa main créatrice, en l’occurrence, et vous l’avez deviné, la Genèse. Il y a les noms d’Esther ou de Ruth, qui évoquent les personnages principaux dans des moments ciblés de l’histoire d’Israël. Vous avez les livres prophétiques, poétiques ou historiques. Évidemment, le genre littéraire diffère les uns des autres, dépendamment du livre dont il est question. Les Psaumes ne se lisent pas comme le livre des Rois. À tout le moins, ce sont des livres qui concernent principalement Israël et qui racontent, par différents genres littéraires, l’histoire et l’évolution du peuple d’Israël, depuis la confusion des langues jusqu’à la destruction de Jérusalem.

Aucun des livres n’est adressé à des générations futures post-Judée. Les livres prophétiques pointaient en direction du plus grand événement à avoir lieu dans l’histoire d’Israël, certes, mais de l’histoire de l’humanité: le sacrifice de Christ à la croix. Nous avons dans les Psaumes, qui est un recueil de poésie, des images de la personne de Christ à venir. Les auteurs y construisirent des chefs-d’œuvres inégalés de constructions littéraires, comme le Psaume 119 (à lire dans sa langue d’origine absolument pour comprendre les merveilles de sa construction littéraire).

 

LANGUES D’USAGES/TRADUCTIONS

Comme la majorité n’est pas familière avec les langues d’origines, on a cru bon traduire les textes dans les différentes langues pour que chaque peuple puisse recevoir le témoignage des prophètes d’autrefois ainsi que des premiers disciples de Christ. Or, nous avons l’hébreu ancien, le grec antique, ainsi que l’araméen comme langues d’usages dans toute la Bible. En effet, nous retrouvons l’hébreu dans l’Ancien Testament, le grec dans le Nouveau Testament, et l’araméen dans les deux!

Lorsque Jésus s’est adressé à la foule, il l’a parfois fait dans la langue araméenne. Pourquoi: il s’adressait aux hébreux de son époque, alors que la langue hébraïque n’était pas la langue d’usage. Le grec était la langue couramment parlée dans l’empire et en Judée. Plusieurs juifs étaient des hellènes par « adoption ». Or, l’araméen fut la langue utilisée par Jésus dans un contexte bien précis, mais sans entrer dans l’exégèse de ces textes, nous comprenons que Jésus s’adressait à des contemporains et non pour les générations futures. D’ailleurs, il a été d’abord envoyé pour la « maison d’Israël ».

Les juifs comprenaient ce que Jésus disait, car il leur parlait dans une langue qui leur a rappelé le temps de la déportation à Babylone, et dont Dieu les a délivré, conformément à ce qui fut révélé au prophète Daniel, pour qu’ils retournent bâtir Jérusalem et le second Temple qui devait accueillir le Messie.

 

Lorsque les apôtres et disciples se mirent à répandre la bonne nouvelle au monde entier, passant de l’Espagne aux Indes, d’Europe du Nord jusqu’en Afrique, ils parlèrent la langue de l’empire. Ils s’adressaient plus particulièrement aux juifs des différentes cités, passant par les synagogues comme porte d’entrée dans les cités visitées. Si l’épître aux hébreux porte ce nom de nos jours, ce n’est pas l’auteur qui en donna le nom. C’est le contexte historique et culturel de l’épître qui obligèrent les chrétiens de générations subséquentes de reconnaître le gentilé de l’épître. En effet, il fut aisé de reconnaître tous les éléments du judaïsme du Lévitique, servant d’analogies, afin de faire l’apologie du sacrifice de Christ par-dessus tous les sacrifices de la loi mosaïque. L’auteur (que je crois être l’apôtre Paul), est un hébreu s’adressant à d’autres hébreux, qui instrumentalise les éléments connus de ses lecteurs auquel il s’adresse, afin de leur illustrer son propos dans sa lettre leur étant adressée.

Pour comprendre le témoignage de ces contemporains de Jésus, il importe d’avoir ce témoignage qui nous soit transmis. Mais le plus gros obstacle demeure sa lecture. Soit nous apprenons les langues d’origines, soit nous avons des traducteurs pour nous rendre ce témoignage accessible. Comme on peut le constater, si nous devons traduire, c’est qu’inévitablement, les textes ne nous étaient pas destinés. La traduction donne accès au plus grand nombre à ce magnifique témoignage.

 

ACTUALISATION DES PRINCIPES UNIVERSELS

Quand bien même que ce chef-d’oeuvre littéraire ne nous était pas destiné, il n’en demeure pas moins que les principes universels s’y retrouvent. Que ce soit le salut en Christ, la confiance que nous avons en ce que Dieu dit et accomplit, que ce soit lorsque nous sommes affligés (comme le roi David dans ses Psaumes) et que nous demandions secours à Dieu, que ce soit parce que nous louons et adorons Dieu, que nous le célébrions et reconnaissons son authenticité, sa véracité, sa main-mise sur toute la création, ce sont tous des principes universels pour quiconque a reçu de Dieu le moyen de la foi pour s’approcher de lui et lui être agréable. Que ce soit dans l’ancienne ou la nouvelle alliance, que ce soit avant ou après la destruction de Jérusalem, les principes universels en Dieu ne changent pas. Le juste vivra par sa foi, que ce soit en Habakuk ou en Romains, mais aussi de toutes les époques, bien avant ou bien après.

 

 

Patrick Galarneau

Les accomplissements prophétiques de Jésus.

Mt.24.35Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.24.36Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul.

 

Le verset 35 est une expression qui sert à rassurer les disciples sur l’authenticité prophétique des événements à venir que Jésus leur annonce. Il y a plus de chance que la Terre et le ciel cesse d’exister que de ne pas voir les prophéties s’accomplir dans un proche avenir, c’est-à-dire, du jugement qui attend le peuple d’Israël qui allait le faire crucifier deux jours plus tard. Et cela se solde par la destruction du Temple.

Cette expression est choisie par Jésus de manière précise, car en disant cela, il exprime sa souveraineté sur la création. Il insinue de manière à peine voilée qu’il a autorité sur la création, que la Terre et le ciel sont l’ouvrage de sa main, ce qui implique qu’il affirme réellement qu’il est le « chef suprême », l’héritier, le Dieu fait chair, mais qu’il doit s’offrir en sacrifice ultime pour les péchés du monde.

Il annonce son jugement, mais surtout, un décret irrévocable comme seul Dieu peut se permettre de le faire. Ses paroles démontrent un ton d’autorité, de certitude, et que sa crucifixion qui surviendra deux jours après son discours, sonne le coup de grâce au peuple pour son jugement imminent. Ce jour arrivera bientôt et de manière soudaine, mais non sans avoir préparé les événements à venir par de nombreux avertissements par les prophètes du passé, jusqu’à Jean-Baptiste.

 

ACCOMPLISSEMENTS

Jésus utilise cette expression à plusieurs reprises

Mt.8.17 Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la Loi ou les Prophètes ; je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir. 18 Car en vérité, je vous dis : Jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, un seul iota1 ou un seul trait de lettre de la Loi ne passera absolument pas avant que tout ne soit arrivé.

La Terre et le ciel ne sont pas passés pourtant. Ils n’ont pas disparus et nous profitons de la vie encore de nos jours. Jésus a accompli la loi et les prophètes. Il l’a annoncé à l’avance à ses disciples. Il y a plus de possibilités de voir la Terre et le ciel disparaître que de ne pas voir se réaliser ce que Jésus a annoncé. On ne peut donc pas prendre littéralement les propos de Jésus en ce qui concerne la Terre et le ciel, mais en ce qui concerne ce qu’il a annoncé, il y a une fermeté, une intangibilité des propos prophétiques qui arriveront de manière assurée et sans le moindre équivoque.

Mais encore une fois, cette expression n’est pas anodine. Si Jésus affirme la certitude de ce qu’il a annoncé, il affirme aussi qu’il est maître de la Terre et des cieux. Il exprime sa divinité, car seul Dieu peut se prévaloir d’une si grande assurance, fermeté et d’une prévision des événements de manière aussi précise qu’autoritaire. Il est en train d’affirmer qu’il est le créateur des cieux et de la Terre, car en disant que tout ce qu’il dit va s’accomplir

 

DE NOUVEAUX CIEUX ET UNE NOUVELLE TERRE

L’exemple de Nicodème

Voir les propos de manière céleste et non terrestre, c’est l’erreur qu’on fait les juifs en questionnant Jésus. Ce fut le cas avec Nicodème:

Jn.3.1  Mais il y eut un homme d’entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des Juifs, 3.2qui vint, lui, auprès de Jésus, de nuit, et lui dit: Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui.

Maintenant, regardez l’affirmation spirituelle que Jésus donne à Nicodèmde:

  • 3.3Jésus lui répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu.

Constatez la réponse très terrestre et terre-à-terre de Nicodème qui, rappelons-le, est chef religieux d’Israël:

  • 3.4Nicodème lui dit: Comment un homme peut-il naître quand il est vieux? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître?

C’est exactement le genre de propos que les religieux tiennent. Ils ne voient pas les choses spirituelles, ils ne voient que ce qui est devant leurs yeux. Les littéralistes bibliques, qui sont des fondamentalistes religieux, font exactement les mêmes erreurs dans leurs interprétations bibliques, alors qu’ils prennent tout au pied de la lettre (et comme ils sont littéralistes, ils me répondront sans doute que les lettres n’ont pas de pied!). Et dans les cas les moins pires, c’est-à-dire, les chrétiens religieux de nos jours, considèrent les prophéties et les propos de Jésus de manière terrestre. Par exemple, ils croiront que le règne de 1 000 ans évoqué dans le livre de l’Apocalypse est littéral. Ils croiront aussi que la notion de « fin des temps » se rapporte automatiquement à la fin de l’histoire de la vie. Et encore, ils croiront que le ciel et la Terre doivent être détruits physiquement pour avoir une nouvelle Terre et de nouveaux cieux tout aussi physiquement et que nous y vivrons éternellement. Mais c’est omettre grossièrement le langage utilisé par Jésus, mais pire: c’est de croire que les éléments physiques sont voués à une vie éternelle, alors que ces choses sont des éléments matériels et sans vie. Bien entendu, Dieu a donné vie à cette roche informe et vide que l’on appelle « Terre », mais ce n’est pas naturel. Une action surnaturelle était nécessaire pour y semer la vie, mais en soit, la Terre est un élément matériel sans valeur. Notre réalité physique, matérielle et temporelle n’a rien à voir avec les réalités spirituelles qui, elles, sont éternelles.

 

CONCLUSION

Alors, lorsque Jésus évoque dans son expression les éléments « ciel et Terre », il exprime l’idée que les choses physiques passeront certainement, et cela ne signifie pas du tout que le créateur va opérer une nouvelle création matérielle, mais surtout, c’est que ses paroles sont un décret affirmatif, sans point de retour et qui arriveront assurément sans le moindre doute. Il affirme ici de lui-même qu’il est le dépositaire de la création, puisqu’il utilise le « ciel et la Terre » pour rehausser la valeur de ses prophéties, reléguant ainsi les éléments de la création en second plan derrière « sa parole ». Jésus affirme ce qui serait considérer comme une énormité sans nom… et sans précédent! Il faut, sois avoir du culot pour faire une telle affirmation, soit il s’agit du décret de ce Dieu éternel fait chair. Rien de moins. Jésus ne dit donc pas que les choses terrestres doivent passer au sens littéral. Il exprime plusieurs éléments importants dans cette courte phrase.

 

 

Patrick Galarneau

Le comble du péché de Jésus!

Une réflexion au sujet des paroles de Jésus qui, certainement, devaient être considérées comme un véritable blasphème aux yeux des juifs. Mais la réponse de Jésus est magnifique. Elle place ses nombreux auditeurs, qu’ils soient partisans ou détracteurs, dans un état d’étonnement, tellement personne ne s’attendait à cette réponse, qui frappa l’imaginaire collectif.

Qui ne se souvient pas des paroles prononcées par Jésus au peuple, répondant aux chefs religieux juifs du Sanhédrin:

Mt.22.15 Alors les pharisiens allèrent tenir conseil pour l’enlacer (le piéger par ses propres paroles) dans [ses] paroles. 16 Et ils lui envoient leurs disciples avec les hérodiens, en disant : Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu enseignes la voie de Dieu en vérité, et que tu ne t’embarrasses de personne, car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes. 17 Dis-nous donc ce que tu en penses : Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César ? 18 Mais Jésus, connaissant leur méchanceté, dit : Pourquoi me tentez-vous, hypocrites ? 19 Montrez-moi la monnaie du tribut. Et ils lui apportèrent un denier. 20 Et il leur dit : De qui sont cette image et cette inscription ? 21 Ils lui disent : De César. Alors il leur dit : Rendez donc les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu. 22 Et l’ayant entendu, ils furent étonnés ; et le laissant, ils s’en allèrent.

Les religieux juifs tentent d’amadouer Jésus en lui reconnaissant comme docteur d’Israël par ses mots « Rabbi » ou « Maître ». Ils lui reconnaissent aussi des qualités humanistes tout au long du verset 16, pour ensuite espérer le piéger par la question posée au verset 17.

Étrangement, Jésus les traite d’hypocrite et ce, après que les pharisiens soient arrivés en toute douceur dans leurs paroles. Jésus n’est pas dupe. D’abord, il sait très bien que le Sanhédrin offre des sacrifices à l’empereur, qu’une partie des impôts est prélevé à même les offrandes du Temple et que les pharisiens, non seulement n’en sont-ils pas outrés, mais sont de connivence avec les autorités romaines et ce, afin de ne pas être eux-mêmes prélevés, mais d’incomber ce fardeau aux petites gens du peuple. D’ailleurs, ce n’est pas sans raison que Jésus s’est mis dans une sainte colère contre les marchands du Temple, car habituellement, il y avait un endroit prévue autre que le Temple pour y marchander. Mais en demandant aux marchands d’y vendre au Temple, non seulement les chefs religieux percevaient une redevance sur les profits de la marchandise mais de plus, ils falsifiaient les poids et mesures des achats qui servaient pour les gens du peuple pour offrir en sacrifice à Dieu!

Et ces religieux osent questionner Jésus à ce sujet! Ça, c’est la première des hypocrisie!

Mais la seconde hypocrisie, c’est de tenter de placer Jésus dans une situation encombrante où il a à choisir entre se mettre à dos les gens du peuple juif qui espèrent de plus en plus que Jésus est le vrai Messie, ou encore, de se mettre à dos les autorités romaines, ce qui aurait placé Jésus dans une situation de révolte envers l’empereur romain, si seulement Jésus pouvait se faire piéger à admettre que l’impôt ne devrait jamais aller à Rome, mais plutôt à Dieu, comme la majorité juive le pensait et le clamait, au nom de l’Éternel Dieu. Si Jésus ne veut pas se mettre Rome à dos et ne pas être accusé et condamné pour révolte, Jésus doit alors abdiquer et accepter de se mettre maintenant à dos tous ceux qui le suivent en affirmant qu’ils doivent obligatoirement donner l’impôt à César. C’est là que réside l’astuce des chefs religieux juifs: l’obliger à se condamner lui-même, d’un côté ou de l’autre, sans possibilité de s’en sortir.

Et l’hypocrisie était aussi de faire en sorte que:

  • soit les gens du peuple acclament Jésus pour avoir pris position contre Rome, et dans un tel cas, les religieux juifs avaient un motif viable pour faire accuser Jésus et le faire condamner, ce qui l’aurait mis hors d’état de nuire à leurs affaires, leur crédibilité et leur notoriété. De plus, comme ils perdaient le contrôle des gens de la Judée aux mains de Jésus, qui devenait de plus en plus populaire, les chefs religieux auraient dans ce cas redoré leur image auprès de Rome et évité des sanctions romaines à leur égard ou pire, voir Rome investir Jérusalem et la détruire, ce qui était redouté par le Sanhédrin.
  • soit que le Sanhédrin aurait regagné le peuple en faisant en sorte que Jésus se décrédibilise lui-même et encore, qu’ils puissent le faire accuser devant le Sanhédrin, sous la déposition des nombreux témoins ayant entendu Jésus affirmer qu’il faut payer l’impôt à César. Mais pendant ce temps, le Sanhédrin, lui, offrait des sacrifices à l’empereur, en plus de prélever l’impôt à partir des dons au Temple, et pour ajouter l’insulte à l’injure, frauder le petit peuple en l’imposant davantage pour ne pas à avoir à payer eux-mêmes l’impôt.

 

Mais Jésus fut bien plus rusé que les chefs religieux. Remarquez comment il interpelle ses auditeurs. Il pose la question suivante à ceux qui sont venus pour le piéger:

  • 19 Montrez-moi la monnaie du tribut. Et ils lui apportèrent un denier. 20 Et il leur dit : De qui sont cette image et cette inscription ? 

Ne se doutant pas qu’ils seront eux-mêmes piégés, fort possiblement trop sûrs d’eux-mêmes, ils répondirent à Jésus:

  • De César.

Alors, Jésus qui leur a fait admettre par leur propre bouche que c’est César qui est sur les pièces de monnaie dit:

  • Rendez donc les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu.

Leur réaction:

  • Et l’ayant entendu, ils furent étonnés ; et le laissant, ils s’en allèrent

Non seulement n’ont-ils pas obtenu ce qu’ils désiraient entendre de la bouche de Jésus, mais ils se sont faits piégés eux-mêmes devant le peuple, par les paroles de leur bouche. Et encore plus que cela: Jésus a parlé à leur conscience, car eux, ils donnaient même le sacrifice à l’empereur, alors que celui-ci devait être donné à Dieu. Alors, que l’on rende à César sa juste part, et à Dieu ce qui lui revient. Or, les religieux juifs, par peur de Rome, se prostituèrent en donnant à César ce qui revient à Dieu!

 

RÉFLEXION

Le terrible péché de Jésus est d’avoir osé affirmer que les pièces de monnaie en circulation sont celles de César. Ironiquement, les révoltés juifs des années 66-68 de notre ère proclamèrent à Jérusalem l’indépendance de l’État juif, tuent le grand prêtre pro-romain Ananias, suppriment les sacrifices à l’empereur (institués par Hérode) et frappent des monnaies portant l’inscription « An I de la Liberté ». Ils ne voulaient plus redonner à César ce qui lui appartenait, mais affirmaient que tout était à Dieu. Résultat: l’état juif fut détruit environ deux ans plus tard, Dieu leur ayant rendu ce qu’il devait à ceux qui ont refusé son Oint et l’ont injustement accusée, condamné et fait mettre à mort. Ce fut le juste prix.

 

 

Patrick Galarneau