Le comble du péché de Jésus!

Une réflexion au sujet des paroles de Jésus qui, certainement, devaient être considérées comme un véritable blasphème aux yeux des juifs. Mais la réponse de Jésus est magnifique. Elle place ses nombreux auditeurs, qu’ils soient partisans ou détracteurs, dans un état d’étonnement, tellement personne ne s’attendait à cette réponse, qui frappa l’imaginaire collectif.

Qui ne se souvient pas des paroles prononcées par Jésus au peuple, répondant aux chefs religieux juifs du Sanhédrin:

Mt.22.15 Alors les pharisiens allèrent tenir conseil pour l’enlacer (le piéger par ses propres paroles) dans [ses] paroles. 16 Et ils lui envoient leurs disciples avec les hérodiens, en disant : Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu enseignes la voie de Dieu en vérité, et que tu ne t’embarrasses de personne, car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes. 17 Dis-nous donc ce que tu en penses : Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César ? 18 Mais Jésus, connaissant leur méchanceté, dit : Pourquoi me tentez-vous, hypocrites ? 19 Montrez-moi la monnaie du tribut. Et ils lui apportèrent un denier. 20 Et il leur dit : De qui sont cette image et cette inscription ? 21 Ils lui disent : De César. Alors il leur dit : Rendez donc les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu. 22 Et l’ayant entendu, ils furent étonnés ; et le laissant, ils s’en allèrent.

Les religieux juifs tentent d’amadouer Jésus en lui reconnaissant comme docteur d’Israël par ses mots « Rabbi » ou « Maître ». Ils lui reconnaissent aussi des qualités humanistes tout au long du verset 16, pour ensuite espérer le piéger par la question posée au verset 17.

Étrangement, Jésus les traite d’hypocrite et ce, après que les pharisiens soient arrivés en toute douceur dans leurs paroles. Jésus n’est pas dupe. D’abord, il sait très bien que le Sanhédrin offre des sacrifices à l’empereur, qu’une partie des impôts est prélevé à même les offrandes du Temple et que les pharisiens, non seulement n’en sont-ils pas outrés, mais sont de connivence avec les autorités romaines et ce, afin de ne pas être eux-mêmes prélevés, mais d’incomber ce fardeau aux petites gens du peuple. D’ailleurs, ce n’est pas sans raison que Jésus s’est mis dans une sainte colère contre les marchands du Temple, car habituellement, il y avait un endroit prévue autre que le Temple pour y marchander. Mais en demandant aux marchands d’y vendre au Temple, non seulement les chefs religieux percevaient une redevance sur les profits de la marchandise mais de plus, ils falsifiaient les poids et mesures des achats qui servaient pour les gens du peuple pour offrir en sacrifice à Dieu!

Et ces religieux osent questionner Jésus à ce sujet! Ça, c’est la première des hypocrisie!

Mais la seconde hypocrisie, c’est de tenter de placer Jésus dans une situation encombrante où il a à choisir entre se mettre à dos les gens du peuple juif qui espèrent de plus en plus que Jésus est le vrai Messie, ou encore, de se mettre à dos les autorités romaines, ce qui aurait placé Jésus dans une situation de révolte envers l’empereur romain, si seulement Jésus pouvait se faire piéger à admettre que l’impôt ne devrait jamais aller à Rome, mais plutôt à Dieu, comme la majorité juive le pensait et le clamait, au nom de l’Éternel Dieu. Si Jésus ne veut pas se mettre Rome à dos et ne pas être accusé et condamné pour révolte, Jésus doit alors abdiquer et accepter de se mettre maintenant à dos tous ceux qui le suivent en affirmant qu’ils doivent obligatoirement donner l’impôt à César. C’est là que réside l’astuce des chefs religieux juifs: l’obliger à se condamner lui-même, d’un côté ou de l’autre, sans possibilité de s’en sortir.

Et l’hypocrisie était aussi de faire en sorte que:

  • soit les gens du peuple acclament Jésus pour avoir pris position contre Rome, et dans un tel cas, les religieux juifs avaient un motif viable pour faire accuser Jésus et le faire condamner, ce qui l’aurait mis hors d’état de nuire à leurs affaires, leur crédibilité et leur notoriété. De plus, comme ils perdaient le contrôle des gens de la Judée aux mains de Jésus, qui devenait de plus en plus populaire, les chefs religieux auraient dans ce cas redoré leur image auprès de Rome et évité des sanctions romaines à leur égard ou pire, voir Rome investir Jérusalem et la détruire, ce qui était redouté par le Sanhédrin.
  • soit que le Sanhédrin aurait regagné le peuple en faisant en sorte que Jésus se décrédibilise lui-même et encore, qu’ils puissent le faire accuser devant le Sanhédrin, sous la déposition des nombreux témoins ayant entendu Jésus affirmer qu’il faut payer l’impôt à César. Mais pendant ce temps, le Sanhédrin, lui, offrait des sacrifices à l’empereur, en plus de prélever l’impôt à partir des dons au Temple, et pour ajouter l’insulte à l’injure, frauder le petit peuple en l’imposant davantage pour ne pas à avoir à payer eux-mêmes l’impôt.

 

Mais Jésus fut bien plus rusé que les chefs religieux. Remarquez comment il interpelle ses auditeurs. Il pose la question suivante à ceux qui sont venus pour le piéger:

  • 19 Montrez-moi la monnaie du tribut. Et ils lui apportèrent un denier. 20 Et il leur dit : De qui sont cette image et cette inscription ? 

Ne se doutant pas qu’ils seront eux-mêmes piégés, fort possiblement trop sûrs d’eux-mêmes, ils répondirent à Jésus:

  • De César.

Alors, Jésus qui leur a fait admettre par leur propre bouche que c’est César qui est sur les pièces de monnaie dit:

  • Rendez donc les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu.

Leur réaction:

  • Et l’ayant entendu, ils furent étonnés ; et le laissant, ils s’en allèrent

Non seulement n’ont-ils pas obtenu ce qu’ils désiraient entendre de la bouche de Jésus, mais ils se sont faits piégés eux-mêmes devant le peuple, par les paroles de leur bouche. Et encore plus que cela: Jésus a parlé à leur conscience, car eux, ils donnaient même le sacrifice à l’empereur, alors que celui-ci devait être donné à Dieu. Alors, que l’on rende à César sa juste part, et à Dieu ce qui lui revient. Or, les religieux juifs, par peur de Rome, se prostituèrent en donnant à César ce qui revient à Dieu!

 

RÉFLEXION

Le terrible péché de Jésus est d’avoir osé affirmer que les pièces de monnaie en circulation sont celles de César. Ironiquement, les révoltés juifs des années 66-68 de notre ère proclamèrent à Jérusalem l’indépendance de l’État juif, tuent le grand prêtre pro-romain Ananias, suppriment les sacrifices à l’empereur (institués par Hérode) et frappent des monnaies portant l’inscription « An I de la Liberté ». Ils ne voulaient plus redonner à César ce qui lui appartenait, mais affirmaient que tout était à Dieu. Résultat: l’état juif fut détruit environ deux ans plus tard, Dieu leur ayant rendu ce qu’il devait à ceux qui ont refusé son Oint et l’ont injustement accusée, condamné et fait mettre à mort. Ce fut le juste prix.

 

 

Patrick Galarneau

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Cette génération ne passera pas!

Mt.24.34Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n’arrive.

 

D’abord, reprenons tous les éléments que Jésus a annoncé et qui arrivera avant que « cette génération » s’éteigne. Nous verrons par la suite de quelle génération dont il s’agit:

  • v.1-2  Le Temple: il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée

SIGNES ET MANIFESTATIONS DE SON AVÈNEMENT

  • v.3-5  Anti-Christ: Car plusieurs viendront sous mon nom, disant: C’est moi qui suis le Christ.
  • v.6  Manifestations: Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres: gardez-vous d’être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin.
  • v.7-8  Fléaux: il y aura, en divers lieux, des famines et des tremblements de terre
  • v.9-10  Persécutions: Alors on vous livrera aux tourments, et l’on vous fera mourir; et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon nom
  • v.11  Faux prophètes: Plusieurs faux prophètes s’élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens
  • v.12-13  Injustices: Et, parce que l’iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira
  • v.14  Évangélisation: Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin
  • v.15  Prophétie de Daniel: C’est pourquoi, lorsque vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie en lieu saint, -que celui qui lit fasse attention!
  • v.21  Détresse: Car alors, la détresse sera si grande qu’il n’y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu’à présent, et qu’il n’y en aura jamais.
  • v.22  Court laps de temps: Et, si ces jours n’étaient abrégés, personne ne serait sauvé; mais, à cause des élus, ces jours seront abrégés
  • v.24  Faux Christ: Car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s’il était possible, même les élus
  • v.27-30  Avènement du fils de l’homme: Car, comme l’éclair part de l’orient et se montre jusqu’en occident, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme
  • v.31  Rassemblement des élus: Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu’à l’autre

 

Donc, toutes ces choses doivent se produire dans une génération. Il s’agit en effet d’une seule génération et non de plusieurs générations. Les dispensationnalistes croient que les douleurs de l’enfantement durent depuis le temps des apôtres jusqu’à nos jours. Ils croient donc que tout ce qui est annoncé par Jésus dans ce texte, doit se produire sur une très longue période de temps, et que sa finalité sera à la dernière génération d’hommes sur Terre. Pourtant, ce n’est pas ce que dit le texte. On doit revenir au début: Le Temple!

C’est ce qui déclenche tout le discours de Jésus, depuis la remarque des disciples au sujet de la grandeur du Temple, jusqu’au ch.26 v.1, alors que Jésus change maintenant de sujet avec la pâque qui aura lieu deux jours plus tard. Le « fils de l’homme » doit être livré pour y être accusé et mené en croix. Ce n’est pas sans raison que Jésus a aussi longuement parlé à ses disciples sur ce qui arriverait suite à sa crucifixion. Le fait que les juifs le livreraient impliquent alors les conséquences décrites par Jésus dans le ch.24 et 25. Jésus savait pertinemment qu’il allait être livré. Et c’est lui qui a « décrété » aux disciples au sujet du jugement qui arrivera, suite à sa condamnation et ce jugement va se solder par la destruction du Temple de Jérusalem. Le Temple de Jérusalem est au coeur de la prophétie biblique. D’abord, il abrite l’arche de l’alliance, une alliance qui allait être détruite, tant physiquement par les romains que spirituellement par Jésus. Le jugement allait s’abattre par la main des romains, qui s’est manifesté par la destruction et le pillage du Temple de Jérusalem. Mais le jugement a aussi une signification qui va bien au-delà de son emplacement géographique et de sa construction en elle-même.

Le Temple est le centre de la vie culturelle, religieuse et prophétique d’Israël, en particulier de la tribu de Juda, dont la Judée tient son nom. Ce second Temple doit recevoir le Messie annoncé en Da.9.24-27. Le Temple et le Messie sont intimement liés. L’un ne va pas sans l’autre. S’il n’y a pas de Temple, il n’y a pas encore de Messie qui vienne. S’il n’y a plus de Messie, il n’y a donc plus besoin d’avoir de Temple. Ce dernier perd toute signification et utilité, une fois que le Messie est présenté et offert en sacrifice à la croix. En fait, le Temple n’a plus aucune utilité une fois que toute la prophétie est accomplie.

 

ABOLITION

D’ailleurs, ceux et celles qui croient que Jésus n’a pas aboli la loi mais est venu l’accomplir, et bien, Jésus n’est pas venu détruire le Temple, mais en accomplissant la loi et les prophètes, il a aboli le Temple. Donc, la loi et les prophètes aussi. Il fallait accomplir pour abolir, pas abolir pour accomplir. Les prophètes, depuis le second Temple, avaient pour objectif de préparer la venue du Messie, jusqu’à Jean-Baptiste. Jésus devait être reconnu comme Messie, ce qui implique qu’il devait accomplir toute la loi et les prophètes. À sa mort à la croix, Jésus a tout accompli. Sa résurrection a confirmé sa véracité. La loi, les prophètes et le Temple sont donc devenus caduques et inutiles. Dire le contraire, c’est affirmer alors que le sacrifice ultime de Christ n’a pas suffit et c’est faire Dieu menteur.

 

LE JUGEMENT FINAL

Le Temple ne pouvait pas tenir éternellement et demeurer en parallèle de la nouvelle alliance par le sacrifice de Christ. Il est donc logique de croire que la destruction du Temple était un décret de Dieu, que celui-ci devait être détruit, afin de mettre l’évidence en lumière sur le sacrifice ultime de Christ. Autrement, nous pourrions douter de la véracité messianique de Jésus, puisque le Temple encore debout, n’importe qui en Judée pouvait se prévaloir d’aspirations messianiques et prophétiques et ça, Dieu le sait, et il connaît le coeur de l’homme. C’est ce qui explique les nombreux encouragements à la persévérance, à tenir bon,  de la part des apôtres envers les nouveaux croyants et l’Église, qui était embryonnaire, et se devait d’espérer dans le retour de Jésus, afin qu’il porte le coup de grâce final à l’ancienne alliance, dont le Temple était au centre de celle-ci.

 

GÉNÉRATION

Étrangement, les dispensationnalistes se décrivent comme des littéralistes prophétiques, l’un des trois fondements de la doctrine du même nom, mais refusent la littéralité du texte de Mt.24.34, alors qu’il ne peut faire aucun doute que la génération dont il est question est bien celle des contemporains de Jésus. Bien entendu, nous comprenons que cette doctrine n’est qu’une construction imaginée pour offrir une espérance ajoutée au salut. Or, en reconnaissant la nature et la signification du Temple dans la vie des judéens, il ne peut faire autrement que d’être au centre du jugement décrété par Jésus en Mt.24.

Ce refus de reconnaissance a enchaîné une suite d’hérésies les plus abjectes, comme la perte du salut, qu’une partie des dispensationnalistes évoquent par des textes comme Hé.6 et 10. Or, l’épître est rédigée par un hébreu pour des hébreux dans un contexte hébraïque, par des concepts de la loi mosaïque, en particulier le lévitique. Ces chapitres d’Hé. 6 et 10 démontrent plutôt une conformité au texte de Mt.24, alors que cette génération de juifs a refusé la révélation faite chair et venue conformément selon les écritures des prophètes. Ils se sont donc retirés de la promesse et du rassemblement final. Ne leur reste plus que l’attente d’un terrible jugement, car ils ne peuvent pas crucifier Christ à nouveau pour le sacrifice de leurs péchés. La question à poser aux dispensationnalistes, c’est :

  • Comment est-ce possible pour des gens d’aujourd’hui d’avoir l’occasion de se rendre si coupables, que ça serait de crucifier Christ à nouveau si on leur permettait une autre repentance?

Pour eux, ce serait de perdre son salut. Mais le gros problème avec ce genre de croyance, c’est que Christ fut donné à Israël et que de le faire crucifier à nouveau, cela implique inévitablement avoir été dans la même génération que lui. Il faut l’avoir vu et être témoin directe, comme pour les apôtres pour être appelés « apôtres.» Il faut donc avoir été un témoin directe de Christ pour se rendre coupable de ce péché. De plus, le livre d’hébreux est adressé aux hébreux, rédigé dans la langue des hellènes, la langue d’usage de l’empire, puisque de toute façon, l’hébreu n’était pas la langue d’usage, même en Judée. La génération dont il s’agit est bien celle de Jésus.

 

Toute cette génération ne passera sans que tout s’accomplisse.

 

 

Patrick Galarneau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le fils de l’homme est celui qui rassemble ses élus

Mt.24.31Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu’à l’autre.24.32Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l’été est proche.24.33De même, quand vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte.

 

Comparons Hé.10.25-30 à ce texte

Dans le premier énoncé du verset 31 du ch.24 de Mt., le « fils de l’homme » est celui qui enverra ses anges avec une trompette retentissante (figurative de l’appel au combat chez les romains ou de la venue d’un dignitaire romain), afin de rassembler (le terme grec dans le texte comparatif d’Hé.10.25 est EPISUNAGOGE, que l’on retrouve uniquement en Hé.10.25 et 2Thess.2.1) tous les élus des quatre vents (image pour illustrer un rassemblement des élus des confins de l’empire romain. Le vent est un élément physique que l’on ne voit pas, mais que l’on reconnaît sa présence, sans savoir d’où il vient ni où il va, mais c’est le fils de l’homme qui contrôle cet élément incontrôlable, ce qui démontre de manière figurative qu’il est le Dieu créateur).

 

Voici Hé.10.25:

10.25N’abandonnons pas notre assemblée, comme c’est la coutume de quelques-uns; mais exhortons-nous réciproquement, et cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour (à noter que « notre assemblée » est mal traduit. Il s’agit de « rassemblement », puisque le terme grec est EPISUNAGOGE et non EKKLESIA).

Comme je l’ai déjà mentionné dans des articles traitant de l’épître aux hébreux, il ne s’agit pas d’abandonner notre église locale, ni même d’abandonner la foi. Sachons qu’encore une fois, l’adresse est faite aux hébreux, par un hébreux. L’hébreu qui quitte le judaïsme pour embrasser la foi en Christ demeure dans le « rassemblement », l’episunagoge, puisqu’il a « suivi » la promesse dans son accomplissement par le Oint, Jésus-Christ, la finalité prophétique. Un peu plus loin dans le chapitre, l’auteur précise que celui qui appartient à Christ n’est pas de ceux qui se retirent et qui regarde en arrière. Il est donc impossible que celui qui a été scellé dans la foi en Christ puisse se retirer (v.39). Au verset 38, l’auteur précise qu’il s’agit en réalité de ne pas délaisser notre sujet d’espérance.

Et quel est ce sujet d’espérance?

Si le juste vivra par sa foi (citation du prophète Habakuk ch.2.4), c’est qu’il a été justifié. Or, Israël fut appelé à être juste, mais a refusé celui qui le justifie éternellement. En ce sens, celui qui devait être justifié s’est retiré. Et dans ce cas, celui à qui fut promis le Messie, s’est retiré, d’abord en tuant le messager (Jean-Baptiste), puis l’héritier (Jésus-Christ). Il a ainsi commis l’irréparable, et c’est cette génération de juifs qui furent dans l’attente du jugement et voici la suite du texte d’Hé.10:

10.26Car, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés,10.27mais une attente terrible du jugement et l’ardeur d’un feu qui dévorera les rebelles.10.28Celui qui a violé la loi de Moïse meurt sans miséricorde, sur la déposition de deux ou de trois témoins;10.29de quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l’alliance, par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l’Esprit de la grâce?10.30Car nous connaissons celui qui a dit: A moi la vengeance, à moi la rétribution! et encore: Le Seigneur jugera son peuple.

Les juifs de cette génération ont reçu la connaissance de la vérité par la présence et les accomplissements de Jésus. Comme ils l’ont rejeté, il ne leur reste donc plus de sacrifice pour les péchés. Ils sont donc sous la condamnation éternelle d’un péché irréparable: le péché contre le Saint-Esprit, que seule, cette génération pouvait se rendre coupable (Mc.3). Et le Seigneur jugera son peuple: Israël. Remarquez encore une fois tous les éléments directes et indirectes de ce court texte qui identifient les juifs de cette génération, je les ai mis en gras. Tous ces éléments en gras sont des citations de l’ancienne alliance et sont dans la culture mosaïque. On ne s’en sort donc pas: il s’agit expressément des juifs, et des juifs de cette génération particulière.

 

CONCLUSION

Pour le croyant hébreu, lui, il sera rassemblé avec les autres élus, comme en fait foi cette vaste campagne d’évangélisation faite par les disciples et apôtres à travers le monde romain, afin d’annoncer la bonne nouvelle à tous les juifs d’abord, puis par extension, aux grecs et aux convertis juifs. Le croyant hébreu est donc épargné du jugement qui surviendra sur Israël. Ceux de Jérusalem purent trouver refuge dans le ville-refuge de Pella, tout juste avant la destruction de Jérusalem.

 

La suite pour bientôt.

 

 

Patrick Galarneau

 

UNE PROPHÉTIE CONTEMPORAINE

Mt.24.31Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu’à l’autre.24.32Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l’été est proche.24.33De même, quand vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte.

 

UNE PROPHÉTIE CONTEMPORAINE

Nous avons l’obligation d’analyser tous les écrits dans leur contexte respectif. Mt.24 n’échappe pas à cette règle. D’abord, les textes que nous avons sous la main sont des traductions. Cela signifie automatiquement et sans droit de regard des générations ultérieures aux apôtres et disciples, que ces textes ne furent pas adressés à nous. La plupart des écrits du Nouveau Testament ont été rédigé en grec, et certains textes, que l’on retrouve entre autre dans des passages de l’évangile de Mathieu, furent rédigés en araméen. S’ils ont été ainsi rédigés dans ces langues, c’est que ses auteurs ont voulu s’adresser directement à leurs contemporains. Il y a une nette distinction à faire entre les langues originale (émetteur directe vers le/les destinataire(s) directes), et les traductions (émetteur intermédiaire indirecte vers les destinataires indirectes).

L’émetteur direct veut atteindre des contemporains, donc, des destinataires directes. Ce sont donc eux qui sont directement visés par les textes. Et dans ce cas-ci, par ce que Jésus prophétise en Mt.24. Ceci est corroboré par l’écrivain de cet évangile, et voici quelques exemples:

Adresses directes (Mt.24.1-34)

  • 24.4Jésus leur répondit: Prenez garde que personne ne vous séduise
  • 24.6Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres: gardez-vous d’être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin.
  • 24.9Alors on vous livrera aux tourments, et l’on vous fera mourir; et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon nom.
  • 24.15C’est pourquoi, lorsque vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie en lieu saint, -que celui qui lit fasse attention!
  • 24.25Voici, je vous l’ai annoncé d’avance.
  • 24.26Si donc on vous dit: Voici, il est dans le désert, n’y allez pas; voici, il est dans les chambres, ne le croyez pas.
  • 24.32Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l’été est proche.
  • 24.33De même, quand vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte.
  • 24.34Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n’arrive.

Adresses indirectes (Mt.24.1-34):

L’adresse indirecte, ce sont tous les éléments périphériques qui identifient indirectement les destinataires directes. Il s’agit des éléments du contexte interne, vérifiés et authentifiés par le contexte externe. On peut alors parler du gentilé; de lieux géographiques; d’éléments culturels ou religieux; de notions temporelles qui identifient dans le temps des destinataires directes, des rois ou d’autres personnages contemporains qui ciblent indirectement les destinataires directes. Alors voici:

  • 24.2Mais il leur ditVoyez-vous tout cela? Je vous le dis en vérité, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée (le Temple de Jérusalem est visé. Il s’agit d’un lieu, d’un élément religieux et prophétique, et il est distingué dans le temps: depuis Néhémie jusqu’en l’an 70).
  • 24.5Car plusieurs viendront sous mon nom, disant: C’est moi qui suis le Christ. Et ils séduiront beaucoup de gens (La notion de Christ appartient au gentilé d’Israëlites, et plus précisément de la tribu de Juda. Le Christ est limité dans le temps, car il doit venir lors du second Temple qui sera détruit en l’an 70. Il est donc impensable que de faux Christ soient évoqués au-delà de sa destruction, car sans Temple, aucun prétendant messianique ne peut s’y présenter).
  • 24.11Plusieurs faux prophètes s’élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens (Tant et aussi longtemps que le second Temple est debout, n’importe qui peut alors s’improviser prophète, car ce dernier sert principalement à préparer progressivement la venue du Christ, comme ce fut le cas pour Jean-Baptiste. La destruction du second Temple marque la fin de l’ère prophétique. La notion temporelle, culturelle et prophétique sont donc évoqués comme adresses indirectes pour ses destinataires directes).
  • 24.16alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes (le lieu géographique est évoqué, ainsi que la notion temporelle, puisque la Judée n’existe plus depuis l’an 73 de notre ère. Ainsi, nous avons encore un élément périphérique adressé à des destinataires directes);
  • 24.20Priez pour que votre fuite n’arrive pas en hiver, ni un jour de sabbat (Le sabbat indique un élément à la fois culturel, religieux et temporel. D’abord parce que c’est une loi mosaïque, parce qu’il est pratiqué par les juifs, et le sabbat prend fin en même temps que la destruction de la Judée. L’élément du sabbat démontre que c’est aux juifs et hébreux que Jésus s’adresse directement).

 

Je m’arrêterai ici avec les exemples. Je reviendrai ultérieurement avec la suite du passage de Mt.24.31-33.

 

 

Patrick Galarneau

Le signe du fils de l’homme

24.30Alors le signe du Fils de l’homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et une grande gloire.

 

SIGNE:

Il s’agit d’une manifestation de ce qui est prévisible, qui a été annoncé et qui sera reconnu par ceux et celles que cela concerne.

Nous l’avons vu dans l’article « Fils de l’homme » ce que ce terme veut dire. Pour faire un très bref résumé, le terme « fils de l’homme » signifie:

« Jésus est celui qui représente la justice de Dieu. Il est donc l’archétype du terme «fils de l’homme», représentant ainsi tous les justes avant lui, ainsi que ceux et celles qui seront rendus justes par la foi après que Christ eut offert son corps comme une offrande d’agréable odeur à Dieu, une offrande qui est le sacrifice ultime pour justifier les pécheurs pour quiconque reçoit cette foi par la grâce, en Jésus-Christ ».

Extrait de l’article: https://lafoisansreligion.com/2018/03/16/le-fils-de-lhomme/

 

Maintenant, nous verrons ce qu’est le « signe du fils de l’homme »

Le signe du fils de l’homme a souvent suscité la curiosité des eschatologues aguéris comme amateurs. Pourtant, c’est très simple: comme Jésus est le « fils de l’homme », que ce terme renferme les notions de « juste, justice », c’est tout simplement que la justice de Dieu sera effective simultanément, mais non sans avertissements préalables.

La très grande majorité des chrétiens d’aujourd’hui et même, depuis l’ère John Darby, père de la doctrine dispensationnaliste, croit que Jésus va apparaître dans le ciel sur un grand trône blanc en tassant les nuages pour que tous les gens de la Terre le voit dans sa gloire. Il tirera alors l’épée en arrivant sur un cumulus, une nuée blanche, afin de rendre sa justice sur le monde des hommes et ce, après que l’antéchrist, comme les chrétiens l’appellent de manière erronée, ait corrompu toute la Terre. Certains croient même qu’il y aura vraiment et littéralement 10 anciens rois de Rome qui sortiront de leurs tombes pour se joindre à ce prétendu anti-christ. Nous sommes dans les élucubrations les plus farfelues de ces esprits tordus.

 

Le plus grand problème qui se pose dans ce genre d’élucubrations, c’est qu’il n’y a aucun autre passage dans le Nouveau Testament qui évoque un « signe du fils de l’homme ». Et même les prophètes Ésaïe et Daniel n’ont pas ce terme, bien que Daniel évoque le jugement sur Jérusalem et les israëlites qui auront rejeté le Oint (Da.9.24-27). Mathieu est le seul à véritablement utiliser cette formulation et pourtant, on instrumentalise ce seul passage pour élaborer une hypothèse eschatologique (qu’eux appellent « théorie ») et bâtissent leur eschatologie autour de ce verset. Pourtant, si l’auteur insistait à ce point sur ce terme particulier, ne devrait-on pas le retrouver ailleurs et à maintes reprises?

 

C’est pourtant simple: le signe du fils de l’homme n’est ni plus ni moins que le jugement qui s’abat sur le peuple qui l’a rejeté. Mais alors, qu’en est-il de cette formulation « toutes les tribus de la Terre se lamenteront »? Évidemment, on croit inévitablement qu’ils s’agissent de la Terre entière, puis de tous les pays qui existent à l’heure actuelle. Or, le terme « Terre » signifie symboliquement Israël, alors que le terme « mer » signifie tout ce qui est en-dehors d’Israël. Et le simple fait que ce soit des tribus nous ramène encore une fois à Israël.

Mais il y a bien plus que cela: pour reconnaître le « fils de l’homme » et s’en lamenter, il faut l’avoir connu. Or, le monde romain n’avait que faire de la Judée et de ses fanatiques religieux. Les citoyens romains, les esclaves romains et tous ceux qui se trouvaient inclus dans cet empire hors-Judée ne savaient pas ce qui se passait en Judée et n’ont que bien peu appris sur Jésus et ses manifestations miraculeuses. C’était ni plus ni moins qu’un fait divers, comme nous qui voyons à la télé, les médias ce qui se passe dans un autre pays éloigné de nous, mais qui changeons de poste pour se délecter de divertissements abrutissant l’esprit des gens. Ce n’était pas le cas des juifs, des hébreux et des hellènes d’origine hébraïques et juives, puisque d’une part, ils sont concernés sur ce qui se passe à Jérusalem, cité abritant le Temple et espérance d’un Messie à venir, puis de l’autre part de l’évangélisation à grande échelle de la part de l’apôtre Paul et ses compagnons d’oeuvre et ce, jusqu’à environ l’an 67 de notre ère, alors qu’ils ont parcouru de l’Espagne jusqu’aux Indes, d’Europe du Nord jusqu’en Afrique. Et cette bonne nouvelle fut annoncée premièrement aux juifs et aux hébreux hellènes, passant par les synagogues des différentes cités de l’empire romain. Ce n’est pas sans raison que l’apôtre Paul et les autres disciples furent poursuivis et traînés devant les tribunaux romains par les judaïsants hors-Judée.

 

Ce signe du fils de l’homme, arrivé à son terme, est apparut en se manifestant de la façon suivante: lors de la grande révolte juive face aux romains, ces derniers ont investit Jérusalem, le Temple et détruisirent tout sur leur passage. Mais plus que cela: les juifs de partout dans l’empire, non seulement apprirent-ils cette terrible nouvelle, mais ils furent eux-mêmes persécutés, faits esclaves et tués par les romains. Que ce soit à Rome, à Alexandrie ou n’importe quelle cité de l’empire, les juifs subirent le terrible courroux romain entre les années 66 à 73 et ce, à travers tout l’empire. C’est dans cette période que le « signe du fils de l’homme » s’est manifesté. Le Temple détruit, les tribus (les 12 d’Israël) répandus sur toute la Terre (la terre connue, celle de l’empire romain), se lamentèrent et ont vu le « fils de l’homme », mais au sens spirituel et non charnel du terme. Ayons toujours à l’esprit que nous sommes dans le domaine spirituel et non charnel dans les termes. D’ailleurs, Jésus répondait de manière céleste à ses opposants qui, eux, étaient dans les notions terrestres, tant dans leurs questions adressées à Jésus que dans leur compréhension de ce que Jésus leur répondait.

 

CONCLUSION

Ainsi, ceux qui se lamentèrent, ce sont la génération de juifs, des contemporains de Jésus et des témoins qui leur rapportèrent cette bonne nouvelle messianique, qui se lamentèrent et qui ont vu, de manière imagée et symbolique, le « fils de l’homme » dans toute sa gloire. Car une fois le Temple détruit, tout ce que Jésus a fait, dit ou fut témoigné par les disciples dans et hors-Jérusalem, leur revint à l’esprit, comme une marque au fer rouge dans leur conscience. Ne leur reste plus que le jugement sévère, puisqu’ils ne pouvaient plus se repentir ni crucifier Christ une seconde fois (Hé.10.25-30). Une fois le Temple détruit, il y a un point de non-retour pour avoir l’occasion de se repentir à nouveau. Il fut trop tard. Voilà la fin des temps, le temps des prophètes, de la loi, des sacrifices perpétuels, de l’attente messianique, de la repentance et d’une alliance ancienne.

 

 

Patrick Galarneau