Le fils de l’homme

Comme je n’ai pas l’intention de rédiger un livre sur le sujet, Je vais aller droit au but. Car voyez-voyez-vous, je trouve très agaçant lorsque l’on désire connaître la réponse sur un sujet très particulier, et que l’auteur du sujet tourne autour du pot en passant par Rome pour se rendre à Milan, mais en prenant l’avion pour faire le tour de globe pour s’y rendre, alors que c’est à côté.

 

Alors voilà, je n’ai rien à vendre donc, voici:

Dans l’ancien testament, le terme « fils de l’homme » se rapporte généralement aux descendants d’Adam. Comme le nom « Adam » est un générique, nous parlons alors de « homme ». Les Psaumes sont remplis de ce terme:

Ps.107.21 Qu’ils louent l’Éternel pour sa bonté, Et pour ses merveilles en faveur des fils de l’homme!

Ps.115.16 Les cieux sont les cieux de l’Éternel, Mais il a donné la terre aux fils de l’homme.

Nous constatons donc ici que les fils de l’homme se rapporte au genre humain. Mais qu’en est-il de Jésus?

Je pense que le terme va plus loin que simplement «descendant d’Adam». Dans plusieurs passages, nous relevons ce terme dans des situations et des circonstances favorables, alors que, par opposition, nous constatons que celui qui n’est pas fils de l’homme, est fils de la perdition.

Favorable

Ésaïe 56:2

Bienheureux l’homme qui fait cela et le fils de l’homme qui le tient ferme, qui garde le sabbat pour ne pas le profaner et qui garde sa main de faire aucun mal !

Jean 12:23

Et Jésus leur répondit, en disant : L’heure est venue pour que le fils de l’homme soit glorifié.

Hébreux 2:6 (citation de Psaumes 144.3)

mais quelqu’un a rendu ce témoignage quelque part, en disant : « Qu’est-ce que l’homme que tu te souviennes de lui, ou le fils de l’homme que tu le visites ?

 

Défavorable

Jean 17:12

Quand j’étais avec eux, moi, je les gardais en ton nom. J’ai protégé ceux que tu m’as donnés et aucun d’entre eux n’a été perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’Écriture soit accomplie.

2 Thessaloniciens 2:3

Que personne ne vous séduise d’aucune manière, car [ce jour-là ne viendra pas] avant que soit arrivée l’apostasie et qu’ait été révélé l’homme de péché, le fils de perdition,

De la même manière, si nous regardons du côté des personnages d’Abel et Caïn, les deux étaient des fils, mais le premier était un fils de l’homme, alors que l’autre était un fils de perdition.

ABEL

Matthieu 23:35

[C’est] pour que retombe sur vous tout le sang juste versé sur la terre, depuis le sang d’Abel le juste jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple et l’autel.

Luc 11:51

depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie qui périt entre l’autel et la Maison. Oui, vous dis-je, il en sera demandé compte à cette génération.

Hébreux 11:4

Par la foi Abel offrit à Dieu un sacrifice plus excellent que [celui de] Caïn, et par ce sacrifice il a reçu le témoignage d’être juste, Dieu rendant témoignage à ses dons ; et par elle, étant mort, il parle encore.

Hébreux 12:24

et à Jésus, médiateur d’une nouvelle alliance ; et au sang d’aspersion qui parle mieux que [celui d’]Abel.

 

CAÏN

1 Jean 3:12

non comme Caïn qui était du Méchant et qui tua son frère. Et pour quelle raison le tua-t-il ? Parce que ses œuvres étaient mauvaises et que celles de son frère étaient justes.

Jude 1:11

Malheur à eux, car ils ont suivi le chemin de Caïn, et se sont abandonnés à l’erreur de Balaam pour une récompense, et ont péri dans la révolte de Coré.

 

C’est celui qui pratique la justice de Dieu qui est déclaré comme un fils de l’homme, alors que, encore une fois par opposition, ce sont les fils de la perdition qui périssent. Voyons ici un passage de 1Jn.3:

3.7Petits enfants, que personne ne vous séduise. Celui qui pratique la justice est juste, comme lui-même est juste.3.8Celui qui pèche est du diable, car le diable pèche dès le commencement. Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les oeuvres du diable.3.9Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui; et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu.3.10C’est par là que se font reconnaître les enfants de Dieu et les enfants du diable. Quiconque ne pratique pas la justice n’est pas de Dieu, non plus que celui qui n’aime pas son frère.3.11Car ce qui vous a été annoncé et ce que vous avez entendu dès le commencement, c’est que nous devons nous aimer les uns les autres,3.12et ne pas ressembler à Caïn, qui était du malin, et qui tua son frère. Et pourquoi le tua-t-il? parce que ses oeuvres étaient mauvaises, et que celles de son frère étaient justes.3.13Ne vous étonnez pas, frères, si le monde vous hait.

Jésus est celui qui représente la justice de Dieu. Il est donc l’archétype du terme «fils de l’homme», représentant ainsi tous les justes avant lui, ainsi que ceux et celles qui seront rendus justes par la foi après que Christ eut offert son corps comme une offrande d’agréable odeur à Dieu, une offrande qui est le sacrifice ultime pour justifier les pécheurs pour quiconque reçoit cette foi par la grâce, en Jésus-Christ. Le terme «fils de l’homme» se distingue donc de «fils de Dieu», car il représente la lignée des justes depuis Abel, avec son sacrifice, alors que la lignée de Caïn est celle de la perdition. Quiconque périt dans ses péchés ne peut donc être ensuite déclaré «fils de Dieu», alors que Christ est le premier engendré, l’héritier qui, par son sacrifice ultime, rend justice à tous les justes avant, pendant et après lui et deviennent «fils de Dieu», donc, des héritiers du royaume. Dans le cas de Christ, la désignation de «fils de Dieu» s’étend dans une signification encore plus grande: Chef suprême. Tel est le titre de l’héritier, comme nous le constatons dans la culture juive, mais aussi dans les cultures antiques et pré-antiques.

(NOTES: Mais Jésus-Christ est non seulement fils de Dieu, mais il est Dieu fait chair. Nous le verrons dans un autre article traitant expressément de ce sujet).

Et cela se justifie très bien, puisque nous sommes des co-héritiers du royaume de Dieu avec Christ:

  • Romains 8:17Et si [nous sommes] enfants, [nous sommes] aussi héritiers — héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ — si du moins nous souffrons avec lui, afin que nous soyons aussi glorifiés avec lui.
  • Hébreux 11:9Par la foi il séjourna dans la terre de la promesse comme dans [une terre] étrangère, habitant sous des tentes avec Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse.

 

Le fils de l’homme ne se résume donc pas au générique, mais à une signification bien plus glorieuse.

 

 

Patrick Galarneau

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Une foi toxique!

LES SANS ÉGLISE, DE VRAIS REBELLES

C’est du moins une croyance populaire qui sévit dans nombre d’églises locales à leur sujet, j’en ai été témoin régulièrement. Mais qui est rebelle? Les sans églises qui en sont sortis et ne désirent pas y retourner, ou les églises locales qui s’obstinent dans des méthodes au lieu des principes? Par cette focalisation vers le système pyramidale du modèle d’églises locales, toute la vie du croyant est dirigée vers l’église locale. Mais définissons ce qu’est l’église locale:

  • communauté de croyants qui a comme dénominateur commun, le même lieu géographique ce qui implique le bâtiment (lieu de vie communautaire), une foi ou une expression religieuse dont le Christ serait le centre, et dans ce lieu ont y exerce un culte en commun.
  • Un pasteur, des anciens et des diacres. Les premiers dirigent l’église locale, les seconds sont des subalternes des premiers et parfois, on retrouve chez les diacres des gens manuels qui entretiennent le bâtiment, alors qu’on a aussi des trésoriers qui s’occupent de la comptabilité.
  • l’église locale, c’est aussi un système de croyances collectif qui légifère les principes de vie communautaires, défini les paramètres et les règles internes, module la pensée, le comportement, l’attitude exigée et sa linguistique qui distinguent ses adhérents au reste du monde.

L’individualité ne peut co-exister avec le communautarisme imposé par le système de croyances, qui se doit d’être le fondement de toutes relations entre ses adhérents. Les rapports sont bien définis. Il y a une structure qui est symptomatique de ce système de croyance. Ainsi, il n’est plus nécessaire d’imposer ce système de croyances, car il est déjà implicite par sa relation étroite avec la formule pyramidale de l’église locale. Pour faire simple, la hiérarchie ecclésiastique peut être très difficilement mise en cause par un membre de l’église d’un palier hiérarchique moins élevé , car dans le système de croyance d’une quelconque religion ou dénomination religieuse, il est clairement acquis que l’on ne discute pas de l’autorité religieuse mise en place, et justifiée par l’instrumentalisation volontaire de passages bibliques, en concomitance avec le systèmes de croyances qui se doit d’être collectif, ce qui, en résumé, est plutôt un moyen de pression coercitive pour dissuader toute tentative de mise en cause de cette autorité. Dans un tel cas, nous reconnaissons que la vision et l’emplacement même de l’église locale est la propriété de l’autorité ecclésiastique et a main-mise sur elle et exerce une influence considérable sur ses membres. Sa structure hiérarchique, en relation avec le système de croyance, impose une docilité et une obéissance à une autorité religieuse que le système de croyances ne permet pas de mettre en doute. C’est ce qui explique l’utilisation de la peur, la honte et le sentiment de culpabilité dans la religion sous toutes ses formes.

 

LES IMPACTS SUR LES RELATIONS

La gestion relationnelle: tu es mon ami si tu adhère à notre système de croyances. Nous l’observons avec des sectes, tels que les Témoins de Jéhovah. Lorsque le système de croyances transcende la valeur individuelle, on se retrouve avec des rapports relationnels malsains. Le système de croyance devient le moyen d’entrer en relation et les relations se définissent par le système de croyances. Nous ne sommes plus dans des rapports directes entre deux individus, mais avec un intermédiaire qui filtre ce qui doit être dit, pensé et acceptable. On confond cela avec de la piété, alors que ce n’est nul autre que la conscience de l’individu, modelé selon les dispositions contraignantes du système de croyances, qui en est à l’origine. C’est pour cette raison, entre autre, que les croyants se communiquent par l’intermédiaire du Patois de Canaan. On enrobe nos propos d’angélisme, mais nous sommes dans les politesses d’usages exigé par le système de croyances qui légifère nos rapports relationnels. D’ailleurs, le patois de Canaan rend impossible la vraie communication, car ce langage demeure dans l’abstrait. Par exemple, si je demande aux croyants d’une assemblée comment ils vont ce matin, Ils me répondront « par la grâce de Dieu, je puis tout par celui qui me fortifie ». Nous sommes dans l’abstrait et dans la fuite de la vraie réalité. Et c’est un choc lorsque l’on apprend qu’un couple de l’église se divorce, car ils avaient l’air tellement heureux et exemplaires comme modèles de foi. Et bien, malheureusement, nous demeurons en superficie dans de telles relations dont le système de croyances est le grand responsable. Et ce système comporte une culture de politesses d’usages et d’une culture linguistique typique pour se reconnaître entre adhérents au système de croyances, et je l’ai évoqué plus tôt: le Patois de Canaan.

Pour les couples qui se forment à l’intérieur du système de croyances, c’est la même chose, mais avec des conséquences plus importantes si l’un des deux débute un processus de réflexion sur le système de croyances en relevant des irrégularités de ce système. Les rapports de couples passent par un intermédiaire qui filtre les éléments à y rejeter et ce qui peut être acceptable. Par exemple, le système de croyances peut rejeter l’idée d’une union simple au lieu d’une tradition maritale. Ou encore, le système de croyance va filtrer ce qui est acceptable dans la relation sexuelle. Le système de croyances impose des interdits qui produisent des «non-dits» dans le couple, et par conséquent, des malaises que l’on tente de pallier par des règles religieuses à observer pour se maintenir à flot dans les exigences inhérentes au système de croyances qui légifère tous rapports personnels. Par exemple, l’homme ou la femme a des envies sexuelles différentes de ce qui est communément accepté par les adhérents au système de croyances. L’homme ou la femme n’exprime pas ses petits fantasmes sexuels et même, fait semblant qu’il ou elle n’en a pas et ce, afin de demeurer conforme au système de croyances. Et je ne fais pas référence à une sexualité débridée, clandestine ou de débauche. Ils se mettront à prier et mémoriser des versets davantage et, penseront-ils, seront délivrés de leurs pensées. Il s’agit d’une fuite du « problème », s’il en est un, et cela se manifeste dans toutes les sphères de la vie de l’adhérant au système de croyances. Il refusera de dire non à une tâche ecclésiastique si un supérieur hiérarchique de l’église le lui demande, ou encore, éprouvera de la culpabilité d’avoir dit non, car cela signifierait, dans sa construction de pensée légiféré par le système de croyances, qu’il a désobéi. Il a donc l’impression que ce sentiment de culpabilité vient de Dieu qui lui parle par son Esprit, alors que ce n’est rien d’autre qu’un sentiment de culpabilité qui est directement lié au système de croyances.

 

CONCLUSION

Dans tous les éléments cités ci-haut, nous avons tous les ingrédients d’une foi toxique. Les croyants ne vivent plus normalement leur vie. Tout est légiféré par un système de croyances qui n’est rien de moins qu’un moyen toxique pour contrôler la vie des gens. Ça commence par une campagne de séduction, puis ça se termine dans un étau spirituel. La foi saine permet un large cadre de référence. La foi saine permet une diversité d’interprétations, que l’on soit prétériste ou dispensationnaliste, trinitaire ou unitarien, qu’importe, le large cadre de référence en matière de foi outre-passe largement les frontières imposées par un système de croyances collectif qui, sur papier, est sensé servir d’unification des croyants, mais au final, est plutôt un outil de saccage de la vie relationnelle du croyant, que ce soit avec Christ, ses compagnons de foi, sa famille, ses contacts au travail et dans la vie quotidienne. Il importe donc de faire preuve d’honnêteté avec soi-même et d’identifier si nous avons nous-mêmes des éléments d’une foi toxique, afin d’y remédier progressivement.

 

 

Patrick Galarneau

 

 

 

Le système de croyances collectif: le processus.

LE PROCESSUS

L’adhésion à un système de croyances collectifs tasse progressivement l’estime personnelle et la confiance en soi, afin de faire place de plus en plus à ce système de croyances. Et lorsque le système de croyances est bien ancré, la personne n’arrive plus à se définir dans ce qui a construit son identité, sa personnalité et son individualité.

Si après un moment sa petite voix intérieure lui indique que certaines choses clochent dans le système de croyances collectif, le croyant va se convaincre que ses pensées viennent du Diable, plutôt que d’assumer de front les irrégularités du système de croyances collectif auquel il a adhéré et la raison est fort simple : ce serait d’admettre que ce système de croyances est faux et qu’il s’est trompé. Mais plus que cela : ça aurait pour résultat de créer un vide intérieur puisque ce système de croyances a modulé son comportement, ses attitudes, son adaptation linguistique pour être conforme aux règles implicites de la bonne entente relationnelle entre adhérents au même système de croyances.

Comme ce système a construit une nouvelle identité, une nouvelle personnalité, de nouveaux comportements, une nouvelle estime de soi qui passe inévitablement par ce système de croyances collectif, le croyant peut tomber dans une dépression majeure s’il remet ce système de croyances en question en découvrant des erreurs qui lui paraissent flagrantes, car tout ce qui a construit sa nouvelle identité s’effondre comme un château de cartes. Il devient alors très déçu de ceux qu’il admirait et qui l’ont guidé dans ce système de croyances, et c’est ce qui explique pourquoi les religieux qui ont côtoyé ce dissident le taxeront, à tort ou à raison, de frustré et d’amer.

 

LES CONSÉQUENCES

Que se produit-il quand le croyant questionne lui-même le système de croyances collectif?

Le meilleur exemple que j’ai trouvé, ce sont des ex-témoins de Jéhovah. Pour plusieurs, ne leur parlez plus d’un dieu ni d’un système de croyances collectif, ils vous enverront paître. Ils perdent tout leur réseau social et deviennent des ennemis du groupe auquel ils appartenaient. Préalablement, ils se sont sentis coupables d’avoir eu de telles pensée. Ils pensent même qu’ils ont peut-être fait une erreur en remettant en cause les valeurs de ce système, mais ils ont franchi un point de non-retour. Ils se sont isolés sans nécessairement s’en être rendus compte et ont pensé qu’ils étaient soit fous, soit qu’ils se sont rebellés contre Dieu. Et comme la remise en question des valeurs intrinsèques de ce système de croyances est interdite de par sa raison d’être, les autres membres du groupe rejettent le dissident le laissant à lui-même, ce qui a pour résultat de provoquer un grand sentiment de vide, de rejet, de tristesse et de déception. Ce comportement s’observe dans tous les milieux religieux, toutes dénominations confondues. Le dissident broie du noir. Il est faux de prétendre que celui-ci quitte soudainement le système de croyances pour passer à d’autre chose du jour au lendemain sans qu’il y ait un impact majeur sur sa vie. On ne déconstruit pas pour se reconstruire en une journée. C’est un long processus. La déconstruction laisse un grand vide et provoque de l’angoisse. Le dissident se remet en question longuement avant de se reconstruire avec un autre système de pensées.

 

LE REJET

Pendant ce temps, si le dissident ose critiquer et dénoncer ce système de croyances, il se verra encore plus isolé par les réactions en chaînes des défenseurs de la « bonne » doctrine, qui lui enfonceront en pleine gorge qu’il n’est rien d’autre qu’un frustré amer qui s’est perdu dans ses raisonnements anti-christ, et c’est là que les autorités religieuses de ces dénominations, au lieu d’écouter attentivement, font le contraire : le jugement qui pointe du doigt le dissident, et une série de condamnation sur ce dernier qui implique que les membres du groupe n’ont plus à avoir de contact avec le dissident. Ils justifieront leurs jugements par des passages bibliques pour mieux s’en laver les mains. Et si le dissident réplique, il se verra alors taxer de rebelle à Dieu, puis le coup de massue finale : l’indifférence.

Et un des problèmes du rejet, c’est que, sans pour autant tout rejeter en bloc, plusieurs ministères auto-proclamés voient le jour. Et là, c’est la guerre contre la dénomination que le dissident a vomi. Il y a actuellement plusieurs ministères frauduleux que, lorsque l’on fouille un peu, on se rend vite compte que ce sont des dissidents qui créé leurs ministères hors des assemblées locales. En soit, ça n’a rien de mal, puisque l’église locale n’est pas du tout le dépositaire de la bonne morale ni de la foi en Christ. Cependant, parce que les églises locales n’ont pas pris leurs responsabilités, qu’ils ont condamné au lieu d’écouter, on constate une recrudescence fulgurante de ministères prophétiques, alarmistes, de dénonciations et condamnations. Il y a une véritable guerre de clochers qui se joue actuellement grâce à l’émergence des réseaux sociaux de masses.

 

SOLUTIONS

La solution pour le dissident, c’est de demeurer seul, à défaut de trouver des gens de confiance. D’ailleurs, le dissident ne fait plus confiance à qui que ce soit. Il dira dorénavant que son seul enseignant, c’est Christ, et il a raison! Cependant, il y a des dangers à cela. Le dissident est méfiant et aussitôt qu’on lui propose un enseignement, il se dresse et refuse d’écouter. Il devient non-enseignable, et cela se comprends. C’est entre autre pour cette raison que, pour ma part, je laisse la porte grande ouverte à des gens de toutes confessions, de positions théologiques, de pasteurs, de sans-église locale, d’athées venir débattre sur les différents sujets sur ma page Facebook. Pour plusieurs, c’est considéré comme un véritable chaos et de discussions corsées, car il y a des croyants de divers bagages de vie. Il y a un nombre considérable de dissidents qui y viennent. Ils ont eux aussi besoin d’être en relation avec les autres et parfois, de déverser leur amertume. Car une fois que cela a été fait, que nous les avons écoutés amplement, ils se sentent mieux et sont mieux disposés aux échanges cordiaux et qui sait, de reprendre progressivement de meilleurs sentiments à l’égard de Dieu, des croyants tout azimut et une meilleure conception du monde qui les entoure.

 

CONCLUSION

Il est donc inutile d’entrer dans le jugement de l’autre, les accusations et la condamnation. Tous ces dissidents ne vivent pas nécessairement de la frustration, de l’amertume ou du rejet. Pour les plus jeunes qui ne sont pas demeurés longtemps dans ce système, ils n’éprouvent pas les mêmes difficultés que les plus vieux. Les jeunes ont un large réseau social et se retourne très rapidement. Et comme plusieurs n’y sont pas passés plusieurs années dans ce système de croyances collectif, qu’ils n’y ont pas adhéré mais sont plutôt demeurés en superficie, ils n’ont pas à se déconstruire, ils remplacent les erreurs de ce système par, soit d’autres erreurs, mais de ce que j’ai pu observer, ils sont beaucoup plus allumés et remplacent les erreurs par des vérités. Ce n’est pas nécessairement le cas des plus anciens de ce système. Le processus est non seulement très long, mais douloureux. Ce sont des dizaines d’année de vie, d’implication, de fausses croyances jetées à la poubelle. C’est un réseau social qui prend le bord.

 

Soyons compréhensifs et compatissants, au lieu de juger et condamner.

 

 

Patrick Galarneau

Le système de croyances (part 2)

Ça fait plus de 13 ans que je sonde les croyants dissidents (sans église locale), et il est faux de prétendre que ce sont:

  • des déçus
  • des frustrés
  • des gens amers
  • de faux croyants
  • des rebelles
  • des insoumis
  • des blessés
  • des querelleurs
  • des croyants qui vivent dans le péché
  • des péchés non-réglés
  • ect…

Il y a eu des blessés, des frustrés et des amers, mais ce ne sont pas les raisons principales qui ont poussé de plus en plus de chrétiens hors du système ecclésiastique.

 

LE VRAI PROBLÈME

Le système de croyances (dans le cadre judéo-chrétien): c’est un ensemble de valeurs communes auquel l’identité individuelle se dissipe pour l’identité de groupe. La croyance est une façon de penser qui permet d’affirmer, sans esprit critique, ce qui a construit et déterminé notre identité religieuse. Ce système de croyances est une construction dogmatique d’une interprétation subjective des écritures. À ne pas confondre « croyance » et « foi ».

Si nous croyons à un mensonge, il peut devenir une vérité si l’on regarde l’impact qu’il peut avoir sur nous. Et ce n’est pas parce qu’un énoncé est largement répandu, qu’il est source de vérité. Le mensonge, même bien enrobé, ne peut jamais devenir une vérité. Il ne peut que se substituer à la vérité, nous paraître vrai, mais demeure un mensonge. Le système de croyances n’a pas besoin d’être vrai ou totalement vrai, il n’a besoin que d’être habilement présenté.

Et celui-ci transcende la valeur accordée à la considération des individus. Pour être plus limpide, le crédo de l’église locale est le législateur des relations humaines dans l’assemblée locale. Si vous adhérez au système de croyances, vous aurez des contacts relationnels, mais c’est conditionnel à l’adhésion au système de croyances de l’église locale. Imaginons un instant que Jésus dit à Nicodème:

« Non, toi je ne te parle pas, tu fais parti de la secte des pharisiens, alors que moi je prêche la vérité« .

Dans une telle formulation, nous comprendrions que Jésus aurait fait des distinctions d’individus à partir de son système de croyances, et évidemment, seuls ceux et celles qui y adhèrent peuvent entrer en relation avec lui. C’est d’ailleurs pourquoi il est tout à fait impensable que ce soit à l’homme de décider d’adhérer à la foi en Christ par une décision personnelle. C’est Christ qui accepte des gens de toutes nations et avec des pensées et un bagage culturel et général des plus diversifiés. Christ ne fait pas de distinction d’individus selon son système de croyances. Et c’est parce que c’est nous qui avons chacun notre système de croyances que Christ doit se révéler et nous attirer vers lui, pas le contraire. La foi en Christ est inconditionnelle à notre système de croyances de départ. Il vient nous toucher là où nous sommes, chacun dans notre obscurantisme.

 

À contrario, nous observons que le genre humain n’aime pas être confronté dans son système de croyances et donc, il s’assemble avec d’autres adhérents au même système de croyances que lui. Lorsque son système de croyances est confronté à un autre système de croyances, sa réaction sera soit de se défendre agressivement, d’attaquer agressivement, fuir les questions troublantes par des phrases toutes faites du genre: « je fuis les discussions vaines », soit le rendre triste, troublé, indifférent, méprisant, condescendant, victimisation, ect… Et ce que l’on retrouve, ce sont des contre-attaques de la part d’adhérents à un même système de croyances, contre un ou plusieurs individus qui ont un autre système de croyances. Ces adhérents se regroupent et forment comme une sorte d’armée, prête à se battre pour défendre la bannière religieuse du système de croyances de ses adhérents. Comme sur un vrai champ de bataille, personne ne s’écoute, ils ne font que dégainer l’épée de questions pour piéger l’ennemi en souricière et pour cela, ils sont prêts à agir en meute sur un individu plus vulnérable pour mieux atteindre le groupe ennemi.

 

Ainsi, les risques que nous encourons lorsque l’on remet en question le système de croyances du groupe auquel nous avions pourtant adhéré, c’est de se faire des ennemis parmi le groupe et d’en être chassé, pour ensuite être attaqué et mis à nu devant tous (au sens imagé) par ses anciens pairs, afin d’être soumis à l’opprobre par le plus grand nombre possible. Cette réaction dénote un symptôme manifeste d’un manque de confiance réel. Et par ce type de réaction, c’est une manière de se convaincre en groupe et par le groupe, de façon à ce que chacun soit rassuré dans son adhésion au système de croyances du groupe. Celui qui croit réellement ne ressent pas le besoin de réagir de manière aussi prononcée et violente. Les preuves de ce qu’ils croient suffisent à elles-seules pour convaincre. Il n’éprouve pas non plus le besoin de s’obstiner indéfiniment sur un sujet.

Nous comprenons ainsi pourquoi les dissidents d’église locales sont dissidents, et pourquoi ils n’ont aucunement l’intention d’y retourner et se replacer sous un joug qu’ils ont démystifié ou croient avoir démystifié. De plus, il leur faudrait faire amende honorable en s’excusant d’avoir osé remettre en cause des croyances qui ne sont pas nécessairement vraies, mais qui exigent le consensus.

 

La suite est en construction. J’aborderai le système de croyances sous différents angles:

  • le système de croyances des sans église et des adhérents à l’église locale
  • le sentiment d’appartenance des adhérents au système de croyances
  • les impacts du système de croyances dans les relations personnelles et de couples
  • et bien d’autres

 

 

 

Patrick Galarneau

Le système de croyances (part 1)

Cet article fait suite à mon tout récent article traitant des «sans église fixe» et des «sans église locale».

Plusieurs pasteurs d’églises locales se questionnent depuis au moins une décennie sur le problème de dissidence d’un nombre croissant de croyants de leurs institutions. Les plus nobles d’entre eux vont aussi loin que leur noblesse amoindrie par des réflexions telles que:

  • avons-nous une responsabilité en tant que pasteurs ou églises locales, pour la défection des croyants de nos assemblées
  • quels sont les facteurs qui incitent à la dissidence
  • comment inciter les croyants dissidents à revenir au bercail

Certains parmi eux dressent des statistiques, parfois alarmantes, sur la défection de plusieurs parmi les leurs.

Les plus obstinés, bien campés dans leur obscurantisme religieux, eux, affirmeront, sans preuve bien sûr, que le niveau de fidélité à Dieu est tombé à plat, que ces croyants étaient en désaccords perpétuels avec les pasteurs, que plusieurs n’étaient tout simplement pas de vrais croyants, que ce sont des croyants mais qu’ils ne sont pas engagés dans leur foi ou encore, qu’ils sont dans le péché et ne veulent pas être confrontés à la lumière de l’évangile.

 

UNE RÉALITÉ BIEN DIFFÉRENTE

Voilà cinq siècles que les églises, issues de la réforme, stagnent dans leurs traditions ecclésiastiques, comme si la réforme de Luther, Calvin ou Zwingly est parvenue à ses fins et qu’il n’y a plus rien à y revoir. Voilà cinq siècles où le culte demeure au même point, avec ses chants, ses demandes d’argents, ses prédications demeurées aux bases de la foi nous lassent mais surtout, nous laissent en appétit, faute de nourritures solides. Et puis encore: l’église locale, sous toutes ses formes et ses couleurs dénominationnelles, nous vante les vertus de la communion fraternelle. Or, si vous allez dans un culte du dimanche matin, on vous invite de manière implicite à demeurer en silence et être des spectateurs passifs. Pire: on vous donne un pamphlet avec le descriptif d’un programme qui ressemble davantage à un spectacle et on vous dit, sur l’écriteau érigé sur le terrain de la dite église locale: «Heures de services».

Je reçois donc une tradition religieuse et non de la nourriture solide, ni ne participe  à de la communion fraternelle. Je viens, je m’assoie, je chante les chants programmés, je donne mon argent, j’écoute la prédication, je me lève à nouveau pour chanter quelques derniers chants, puis je pars. Voilà ce à quoi on m’invite. Il n’y a rien de personnel dans cette rencontre dominicale, tout est programmé comme un spectacle, une conférence, un cours primaire et une petite mise en situation de groupe où je me perds volontiers dans la foule, alors que les fausses notes qui sortent de ma bouche lors des chants sont camouflées par le chœur collectif que représente l’assistance dans la salle. Et je suis sensé être joyeux de m’être levé tôt un dimanche matin pour ça?

La veille, le samedi, dois-je mettre à la porte mes invités avec qui j’ai eu du plaisir à échanger, à consolider mes relations dans mon cercle d’amis le plus intime et à partager en entrant réellement en relation avec de vrais amis et ce, afin de pouvoir me lever tôt le dimanche matin pour aller me taire dans un endroit impersonnel où je suis non seulement silencieux, mais je dois être à l’écoute, demeure passif et ne jamais intervenir, sauf si on me demande de chanter ou donner mon argent lors de la quête? Suis-je sensé grandir dans ma foi en demeurant un passif-auditif qui ne fait que contribuer aux statistiques d’assistances du culte du dimanche matin et en plus, si j’ose dénoncer cela dans ce présent article, c’est moi que l’on va accuser d’être rebelle et de n’être qu’un dissident? Et ça, c’est sensé me donner le goût d’aller dans une assemblée? Disons-le franchement: je préfère demeurer avec ma famille et mes amis le samedi soir très tard, car au moins, ceux-ci ne passent pas leur temps à juger de ma foi, de ma fidélité à Christ, de mon amour pour les autres et de mon ardent désir de propager la bonne nouvelle et mes enseignements. Plus que cela, j’approfondi de vraies relations personnelles et je sais que mes proches, eux, seront là pour moi quand je ne me sentirai pas bien, comme lorsque j’ai la joie de leur apprendre une bonne nouvelle à mon sujet. J’ai un vrai partage avec mes proches.

Allez-vous encore me contraindre à joindre votre église locale après cet exposé? Dois-je me sentir coupable de ne pas vouloir participer à vos cultes redondants, impersonnels et sans approfondissement relationnel? Voilà un discours d’un «sans église locale» (SÉL) que vous devriez prendre en compte, au lieu de passer votre temps à juger de ce que vous ne savez pas.

 

Dans le prochain article, j’expliquerai ce qui motive plusieurs d’entre nous à faire dissidence et à partager notre foi ailleurs que dans le système de croyances.

 

 

Patrick Galarneau